Ce qu'on ressent en haut du grand plongeoir...

Publié le par Gorgonzolla

Le dernier épisode se terminait sur un mystérieux sourire des abricots et une petite lueur dans les yeux de ma collègue... J'aime repenser à cet instant où tout semble simple. Vraiment simple. J'aime à revivre ce moment là où tout parait facile. Si facile...

Ce soir là, nous étions donc repartis ensemble du bureau. Nous venions de travailler tous les deux sur un sujet sur lequel elle m'avait posé beaucoup de questions. C'est elle qui avait donné le signal du départ.

- "Go?" 
- "Oui, go!"

Toute la journée, je m'étais demandé comment j'allais faire pour lui offrir son cadeau. C'est seulement lorsque je me suis retrouvé avec elle devant les ascenseurs que je me suis aperçu que, ô râge, ô désespoir, je n'avais rien trouvé, qu'il allait vraiment falloir tout improviser...

Quelque chose devait sans doute se lire sur mon visage ou peut-être devais-je la regarder étrangement, car dans l'ascenseur, elle m'a regardé en me souriant et m'a demandé d'un air amusé:

- "Quoi? Qu'est ce qu'il y a?"
- "Non, non, rien"

Nous sommes sortis du bâtiment et nous nous sommes dirigés vers l'arrêt du bus. Il est arrivé quelques minutes plus tard. Une fois installés, nous avons commencé à discuter. De tout et de rien... Du boulot... Des collègues... De l'âge que certains pouvaient bien avoir... Avec un brin de coquetterie, elle a pris cet air gentillement contrarié en évoquant son anniversaire... "Maintenant que j'ai un an de plus, ..."  Je me suis demandé si elle pensait vraiment ce qu'elle disait, si passer de 25 ans à 26 ans, cela faisait vraiment autant d'effet...

Puis, étrangement, je me suis dit qu'il fallait que j'arrête de penser, que c'était le moment, que l'occasion était là... 

- "J'ai quelque chose pour toi..." lui ai-je simplement dit...

Je lui ai remis son cadeau avec ces mots tout simples... Des mots qui ne traduisaient pas toutes les hésitations que j'ai eues et dont je ne vous ai pas parlé... Des mots ne reflétant aucunement toutes les interrogations que vous imaginez certainement si vous me connaissez un peu... Comment allait elle le prendre? Comment allait elle interpréter mon geste?

"J'ai quelque chose pour toi"... En prononçant ces mots, j'ai ressenti cette même sensation qu'on a, quand on a sept ans et qu'on se décide à sauter du haut du 3ème plongeoir de la piscine... Oui, exactement cette sensation là, très précisément...

Tant qu'on en est à gravir les échelons, tout va bien... Une fois qu'on est sur le plongeoir, on se rassure comme on peut... Mais tout va encore bien..  Enfin, à peu près bien... On s'approche alors du bord et on jette un oeil vers le bas... Et c'est là  que rien ne va plus... On s'interroge... Et si...???  Les doigts de pied se recroquevillent et s'agrippent désespérement sur le bord du plongeoir... On hésite mais on sait qu'on ne peut plus reculer. Les secondes semblent alors durer une éternité...  On prend une profonde inspiration pour chasser l'appréhension, on ne pense plus à rien, et en une micro seconde, on se décide à sauter... On ressent alors la sensation de chute libre et  surtout, ce petit  frisson qui vous parcourt le long du dos...

L'autre soir, j'ai ressenti ce même petit  frisson... Car je savais que je prenais un nouveau risque, que l'air de rien, je me dévoilais à nouveau.  Que je ne l'avais pas fait depuis l'épisode des clémentines... Je courais à nouveau le risque qu'elle interprète mal mon geste. Offrir un cadeau d'anniversaire à sa jeune collègue dans ce contexte, avec toute cette ambiguité, tout ces non-dits, je ne savais pas bien ce que cela allait donner, j'avais beaucoup réfléchi, je m'étais longuement interrogé, mais je ne savais pas... Et pourtant, quelque chose me poussait à le faire... J'avais envie de le faire...

Elle m'a regardé avec un sourire interrogateur, complétement surprise, ne sachant pas vraiment quoi dire...

- "Je l'ouvre tout de suite?" m'a t elle alors demandé dans un souffle, tout en commençant déjà à enlever le papier qu'il y avait autour.
- "Oui, si tu veux.."  (Brillante réponse, je sais, merci de me le signaler...)

Je l'ai regardé retirer délicatement le ruban, puis le papier. J'essayais de lire son regard mais elle était trop occupée à ouvrir le paquet. J'essayais d'imaginer ce à quoi elle pouvait bien penser à ce moment. Fébrilement, elle a ouvert la boîte et a découvert son cadeau. D'un coup, elle est devenue toute timide, ne sachant plus quoi dire. Elle m'a alors gentillement remercié. Elle semblait vraiment surprise par cette situation inattendue et de l'attention que je lui portais, et paraissait un peu gênée de ne trouver ses mots... Mademoiselle, il ne faut pas être gênée... Je me serais largement contenté de ce sourire si doux éclairant votre visage et  vos yeux si brillants m'ont déjà dit merci...


( Désolé, Jerry, la suite au prochain épisode... :-) 


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Publié dans Un peu de fromage

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Tony 30/10/2007 17:48

Attends, Marquis, ton Blog, ça fait 1 an et demi qu'il existe, et t'as toujours pas pécho ! Et tu fantasmes encore comme au premier jour, sur la même minette ! Me dis pas qu'en plus Popaul est resté au frigo pendant tout ce temps-là ?!Si tu veux mon avis c'est en train de devenir pathologique ton histoire. Et à ce stade, je dirais qu'il y a 90% de chances pour que ça se finisse par un viol ! Je serais toi, je chercherais ASAP un job aux Antipodes, genre en Australie, ou peut-être à Shanghai, il paraît que ça recrute, histoire de bien vite oublier cette addiction.
Parce que le jour où tu te retrouveras, en sueur, dans la cave toute moisie d'un pavillon de banlieue, avec un flingue dans une main et de la ficelle de cuisine dans l'autre, en train de lui hurler : "C'est de ta faute, moi je voulais pas que ça finisse comme ça;", ben faudra pas dire qu'on t'avait pas prévenu !
Ceci dit j'espère que tu continueras à alimenter ton Blog, parce que là ça deviendra grave croustillant ! ;-)

Gorgonzolla 31/10/2007 06:30

S'éloigner pour oublier... En voilà une solution qu'elle est simple et  qu'elle est géniale...  Mais avant de partir aux antipodes,  je voudrais bien savoir pourquoi je devrais oublier...
Pourquoi chercherais-je à oublier des moments agréables? Pourquoi chercherais-je à oublier une personne que j'apprécie et qui semble m'apprécier? La relation qu'il y a entre nous est tellement particulière... Je trouverai dommage d'y mettre un terme de façon aussi brutale...
Même si je ne peux m'empêcher de nourrir de secrets espoirs, je n'attends rien de ma jeune collègue. Je profite de cette simple complicité qu'il y a entre nous, de cette profonde et inexplicable sympathie que nous éprouvons l'un envers l'autre...
L'attention que je lui porte est sincèrement désinteressée. J'aime lui faire plaisir, j'aime faire attention à elle, j'aime discuter avec elle, j'aime l'écouter... C'est très agréable de faire des choses naturellement.  De les faire parce qu'on les ressent.  Et non de les faire parce qu'on se dit que c'est un passage obligé pour atteindre un objectif lambda qu'on s'est fixé...
Du coup, tu comprendras que ta remarque ("Un an et demi et toujours pas pécho") me laisse un peu perplexe.... Si je parle de ma jeune collègue depuis plus d'un an, c'est bien parce que je ressens pour elle quelque chose de fort, qui n'a cessé d'évoluer, qui s'amplifie au fil du temps, quelque chose d'assez rare pour autant m'occuper l'esprit et me faire écrire autant d'articles...
En fait, je crois que c'est bien là le point essentiel... Faire les choses comme on les ressent..
Là, je ne ressens pas le besoin de tourner la page. Tout simplement car les non histoires ont pour moi autant d'importance que les histoires, et que j'ai le sentiment que celle-ci n'est pas encore terminée...
PS: J'aime bien la scène du pavillon de banlieue... Le psychopathe qui ficelle sa victime genre rosbif à ma façon en disant en pleurs  "Je ne voulais pas que ça finisse comme ça" a un petit côté assez tragi-comique...

Tony 30/10/2007 17:42

Test

petite marie 27/10/2007 23:58

Ha oui, qui n'a pas connu ces moments de looooongues hésitations : "j'y vais ? j'y vais pas ? Non, pas maintenant ! Aller, c'est maintenant ou jamais ! ..." Le coeur qui bat la chamade, les mains moites, et une fois qu'on l'a fait ou qu'on l'a dit, "pfiou !" tout part : la peur, les sueurs froides, le coeur qui palpite ... tout ! Et on se sent bien ! :-)
C'est toujours un plaisir de te lire et il vaut mieux des articles rares mais bien écrit, avec tout son coeur et son inspiration qu'un article quotidien fadasse ! ;-) (je ne dis pas que tous les articles quotidiens sont ennuyants, hein ! ).
Alors, t'inquiète, l'important c'est qu'on ait toujours plaisir à te lire ! :-)
A bientôt quand-même, j'espère ! ;-)