Elucubrations diverses et variées, tranches de vie, coups de gueule, coups de blues... Voilà ce que
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Vue sur la Tour Eiffel
Cela fait un moment que je ne vous ai plus vraiment parlé de ma jeune collègue... Un long moment pendant lequel vous vous êtes peut-être demandé si mon silence ne traduisait pas un interêt pour elle en train de s'étioler, si son charmant visage n'était pas déjà en train de s'estomper et de disparaitre peu à peu de mes pensées, ou si finalement, je ne m'étais pas résigné à tourner doucement la page sans rien vous dire...
"Avec le temps va, tout s'en va" disait la chanson...
Et bien non... Rien de tout cela... En fait, la jeune demoiselle s'insinue toujours aussi souvent dans mes pensées, interrompant toujours aussi soudainement leur cheminement... Nous nous voyons quotidiennement au travail. J'aime toujours la voir s'approcher silencieusement de mon bureau tous les matins, et l'entendre me dire doucement bonjour, de sa petite voix un peu timide... La preuve que dans la vie, tout n'est pas si compliqué et qu'il reste toujours des choses très simples, n'est ce pas?
Lorsqu'elle est à sa place, j'aime la regarder discrétement et parfois il m'arrive même de me laisser lentement glisser vers cet état délicieux de contemplation admirative et un peu rêveuse... J'aime alors lire les expressions sur son visage, décoder ces sourcils qu'elle froncent, deviner ce qui se passe sous ce front qu'elle prend délicatement entre ses mains, imaginer ce qui parfois peut bien la faire sourire ainsi... Il lui arrive quelque fois de lever les yeux... Nos regards se croisent alors, me sortant brutalement de ma rêverie... Troublé, je détourne alors immédiatement mon regard du sien, en essayant de prendre l'air le plus naturel possible, mais en me maudissant et en me disant intérieurement "Zut! Grillé!"... Se dit-elle la même chose quand je la surprend à mon tour en train de m'observer et qu'à son tour, elle essaye d'adopter cet air détaché?
Cinq mois après l'épisode des clémentines et la période de glaciation qui a suivi, nos relations se sont progressivement normalisées... Aujourd'hui, nous nous entendons aussi bien qu'au début, et avons presque retrouvé la complicité initiale qui faisait tout le charme de notre relation et lui donnait toute sa fraîcheur.
Je dis "presque" car, il y a toujours cette frontière invisible que nous nous efforçons de ne pas franchir.... Oh, il ne s'agit ni d'un garde fou en pierres meunières ni d'une rembarde de sécurité dans le genre de celles qu'on peut voir sur les autoroutes... Rien de visible ou de solide... Juste une ligne imaginaire. Immatérielle et invisible... Une ligne en deça de laquelle nous nous efforçons de nous maintenir...
Pour être un peu plus imagé, j'ai un peu l'impression d'être sur une patinoire. Au départ, sur une patinoire, on est confiant, on essaye, on se lance, on tente, on s'enhardit. Puis souvent, arrive ce qui doit arriver, et en esquissant ce petit entrechat un peu plus audacieux, on se retrouve splendidement étalé de tout son long sur la glace... On réussit tant bien que mal à me relever, mais refroidi par la chute, on reste toujours un petit peu figé, un petit peu désorienté... Ca y est, vous visualisez bien l'image?
Bon, dans les faits, cela se traduit par davantage de réserve et de prudence dans mon attitude... Parfois je me surprends à réfléchir et à analyser mon comportement avec elle, m'interdisant certains gestes simplement prévenants qui m'auraient semblé naturels avec n'importe quelle autre personne dans les mêmes circonstances... Simplement pour éviter que ces gestes ne puissent paraître déplacés ou pire, être mal interprétés... (Bon, je vous rassure, je ne me suis pas transformé en homme de cro-magnon non plus!)
De son côté, elle ne me propose plus de quitter le travail avec elle, mais la plupart du temps, elle s'arrange toujours pour me faire savoir quand elle part... Du coup, nous repartons assez souvent ensemble le soir.
Aujourd'hui, les conversations par messagerie instantanée ont pris une part importante dans notre relation et de son côté comme du mien, tous les prétextes semblent bons pour engager de courtes mais très sympathiques discussions... C'est d'ailleurs une championne du smiley et il va falloir que je m'entraîne pour atteindre son niveau de maîtrise des emoticons...
Bref, vous l'aurez compris, rien de neuf sous le soleil...
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