Encore des réponses à Giusepe...

Publié le par Gorgonzolla

Décidément, Maître Giusepe, vous avez le don de poser des questions de fond qui m'inspirent ... Du coup, je prie les lecteurs qui me trouveraient un peu trop bavard, de bien vouloir m'excuser de répondre encore une fois sous forme d'article à votre commentaire...

Au vu des sentiments que j'éprouve pour ma jeune collègue, vous vous interrogiez sur la stratégie amoureuse que j'adoptais à son égard.

A vrai dire, le mot "stratégie" me gêne un peu dans la mesure où il sous-entend l'existence et la poursuite d'un objectif précis alors que souvent, en matière de coeur, les objectifs ne sont  pas si clairement définis, et que parfois, ils ne le sont même pas du tout (Mais peut-être que je généralise trop rapidement mon cas!)...

De façon plus globale, je ferais plus volontiers la distinction entre les sentiments éprouvés par une personne et le comportement de cette personne face aux sentiments qu'elle éprouve. En effet, sans toutefois exclure totalement cette part de préméditation, le terme "comportement", plus neutre que le terme "stratégie", ne préjuge pas d'un quelconque calcul...

Les sentiments que j'ai pour ma jeune collègue et le comportement que j'adopte à son égard ne sont contradictoires qu'en apparence et les questions que vous posez, Maître Giusepe, sont essentielles...

Le sacrifice de mon bonheur au profit du sien me semble-t-il correspondre au stade suprême de l'amour? Peut-être, oui... (Ca, ça doit être mon petit côté tragique qui ressort...)  Mais curieusement, je m'y sens préparé, et ce que je ressens pour elle est tellement inconditionnel et désintéressé que je suis convaincu de savoir accepter ce sacrifice et de pouvoir le surmonter, si je sais que son bonheur est ailleurs...

Que sais-je de son bonheur? Pas grand chose effectivement... Elle ne m'en a jamais parlé et je n'en sais pas plus que ce que je peux imaginer à partir des photos qu'elle met sur son site web. Toutefois, elle me semble suffisamment mûre et j'ai suffisamment confiance en son intelligence pour me dire qu'elle ne s'engage pas ainsi avec son ami  à l'aveuglette, qu'ils ne rentrent pas tout deux dans cette phase très symbolique de la "nidification" sans déjà de solides bases...

Que sait-elle de mes sentiments? Pas grand chose non plus... Avec tous les indices laissés par ci et par là, elle les soupçonne peut-être...  Toujours est-il que dans le contexte actuel, elle ne souhaite apparemment pas en parler, ni en entendre parler... Ai-je le droit de lui en parler davantage? Vu le contexte, je ne le pense pas... Du coup, elle seule peut aborder cette question, si elle le souhaite..

Non, mon amour n'est pas en train de douter de sa promesse de bonheur et je me surprends parfois à me projeter dans l'avenir, à penser à des scènes heureuses très simples... Hélas, la vie est très imprévisible et il ne faut présumer de rien...  Et puis, il serait trop facile de promettre aujourd'hui la lune...

De toutes façons, pas la peine d'anticiper, personne n'est encore en train de me demander ce que je peux promettre ou non...

Aujourd'hui, je souhaite surtout qu'on puisse dialoguer  ensemble comme avant. Elle aussi, je pense. Ce soir, avant de partir, j'ai encore eu droit à ma petite question "boulot"...

 

<< Précédent - Sommaire - Suivant >>

Publié dans Un peu de fromage

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

hellebora 22/02/2007 21:43

La tentative de reprise des relations antérieures, je crois aussi que vous y allez tout droit. Mais la relation amicale définitivement clarifiée, je doute qu\\\'elle soit possible. Je crains que le choix ne se limite à l\\\'oscillation perpétuelle ou au néant.

Giusepe 22/02/2007 16:01

Ainsi, le mot « stratégie » ne vous plaît pas ? Hum, je n’en attendais pas moins de vous, cher Marquis.
Quant à vos réponses, je les trouve satisfaisantes, disons en cohérence avec vous, tel que vous nous apparaissez au travers ce blog. Je ne suis pas forcément d’accord avec vous, surtout en ce qui concerne votre notion de « droit », (le droit de lui en parler davantage...) Il faudrait faire un petit tri entre scrupule, doute, timidité, respect, délicatesse... Enfin, vous voyez.

Lors de votre mail mémorable, et du gel des relations diplomatiques qui s’ensuivit, je m’étais aventuré à prévoir la réaction la jeune jouvencelle : pas de réponse, une phase de latence, puis une tentative de reprise des relations antérieures... Il semblerait que l’on s’y dirige tout droit, non ? Avouez que l’ambiguïté semble lui plaire quand même un peu.

Et puisque mes questions vous inspirent, j’en ai encore une pour vous en réserve.
Que préférez-vous : la poursuite de relations équivoques, une oscillation perpétuelle entre le frisson et la douche écossaise ?
Ou des relations amicales -seulement- et définitivement, clarifiées par une mise au point de la demoiselle ?

Et -enfonçons le clou-, revenons sur votre fameux « droit » : Pourquoi ne lui dites-vous pas carrément « Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d'amour me font ? » (dans l’ordre que vous voudrez).

Que craignez-vous au juste ? Craignez-vous pour vous ou pour elle ?

Gorgonzolla 24/02/2007 14:06

Questions très pertinentes, Giusepe... Vous trouverez une partie de mes réponses en cliquant ici.
Les autres réponses  demandent encore un peu de ...  "mûrissement"

hellebora 21/02/2007 01:49

Pour moi, la question de Giuseppe renvoie à la notion même de bonheur, à ce qu'on y projette. On ne sait pas grand-chose du bonheur de la jeune collègue, ni de ce que serait la promesse de bonheur dont le marquis pourrait être amené à douter. Que connaît-elle des ses sentiments ? Pas grand-chose en effet, mais elle en devine certainement suffisamment pour se retrancher derrière ce qui représente peut-être pour elle la plus élémentaire prudence. Peut-être entend-elle tout simplement s'en tenir à un bonheur "tranquille" auprès de celui avec qui elle a commencé de construire plutôt que de s'en remettre à un bonheur qui, sans qu'on en mette pour autant en doute la promesse, pourrait lui sembler davantage hasardeux. Pas un bonheur garanti sur factures (celles du nouveau logis, naturellement) ? Ou, au contraire, la promesse ne pourrait-elle lui sembler bien trop ambitieuse, celle d'un amour qui vous tombe dessus sans qu'on l'aie le moins du monde convié, un amour qui bouscule les promesses anciennes et les conventions, une promesse de bonheur échevelé venu jouer au chamboule-tout dans la vie qu'elle avait commencé de construire ? Un tel bonheur se paie le prix fort. Un tel bonheur a de quoi effrayer. Sans oublier, non plus, que les cabinets de psy n'accueillent qu'une infime partie de tous ceux qui ne sont décidément pas doués pour le bonheur. Parce qu'ils en ont bien trop peur.

Gorgonzolla 23/02/2007 00:28

"Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve"...
Hélas, c'est bien cela le problème.. Si elle se demandait comment faire pour ne pas risquer de lâcher la proie pour l'ombre, elle risque de se remémorer les adages de la tante Ursule qui sont nombreux dans ce domaine...
"Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras..."  marmonait la vieille à longueur de journée...