Ushuaia

Publié le par Gorgonzolla

Patience, chers lecteurs! Si les mises à jour sur ce blog se font légérement attendre, c'est simplement parce que le bout du monde, il faut un peu de temps pour en revenir complétement... Là, même plusieurs jours après mon retour, j'ai l'impression que la vie n'a pas encore tout à fait repris son cours normal... Une sorte d'effet "retour de vacances" qui semble vouloir persister plus que de coutume... C'est assez agréable finalement, même si on se dit qu'un jour où l'autre, il faudra bien atterrir...


Mais bon, pour l'instant, je plane, je survole, je suis épaté par le détachement avec lequel je prends les choses... Tracas du quotidien, papiers à ranger, factures à régler, courses à faire, linge à repasser, canalisation d'eau à réparer, c'est tellement grisant de se sentir vraiment au dessus de tout ça...
Alors pour ce qui est de nourrir son blog, vous imaginez bien! Pour l'instant, j'ai l'esprit bien ailleurs et la tête encore pleine d'images et de souvenirs de ces quelques semaines passées en Patagonie...

undefinedTout a commencé par la Terre de Feu, avec la descente sur Ushuaia où, après une rapide traversée des nuages et un court virage au dessus de l'océan, l'avion s'est mis à emprunter un couloir aérien au milieu des montagnes. Le survol du canal Beagle, avec de part et d'autre des sommets enneigés était un spectacle saisissant et complétement inattendu, laissant présager d'autres belles surprises...

Ushuaia... Petite bourgade simple et paisible située à 54°48'Sud.  "La ciudad mas austral del Mundo", comme l'annoncent tous les prospectus... "El Fin del Mundo", comme le proclamment fièrement les argentins. Pour ne pas les vexer, on veut bien les croire sur parole et ne pas mentionner Puerto Williams (54°56'Sud), un poil plus au sud, mais qui est de l'autre côté du canal et a donc le malheur de se retrouver du côté chilien... 


Allez, ne chipotons pas non plus. Avec Ushuaia, les argentins ont aussi leur Finisterre. Avec 2 "R".  Mais bon, n'en déplaise aux bretons, le mot prend une toute autre dimension dès lors qu'on déroule une carte et qu'on prend conscience des échelles et des distances.


Parfois, en regardant la carte, on se demande aussi ce que peut bien venir faire une ville à cet endroit-là, au milieu de nulle part, coincée entre le canal Beagle et les sommets de la Précordillère des Andes. Car on imagine bien que les conditions de vie n'y sont pas aussi douces tout au long de l'année...


La visite du Museo del Fin del Mundo permet d'avoir une première explication. A l'origine, Ushuaia était une prison où on envoyait les criminels récidivistes. Le premier groupe de bagnards y a été déporté en 1896.  L'idée du gouvernement argentin était alors de coloniser la Terre de Feu avec les prisonniers, un petit peu comme sur le modèle australien. L'hostilité du milieu naturel faisait d'Ushuaia une des prisons les plus sûres de l'époque...

Milieu naturel hostile, ça, je veux bien le croire... La période actuelle de l'année correspond à l'été dans l'hemisphère sud. Le soleil est chaud et les températures sont agréables. Mais en voyant la proximité du continent Antarctique, on se demande quel visage Ushuaia peut bien avoir en hiver et on ne peut s'empêcher d'imaginer sous le blizzard et recouvertes d'un épais manteau de neige, toutes ces maisons aux toits si colorés...

Ushuaia se visite assez rapidement.  La ville est construite tout en longueur autour d'une artère principale où sont regroupés tous les commerces. Une promenade arborée permet de longer le canal et d'arriver au port de plaisance. Dans la ville, les constructions sont simples et semblent robustes. On trouve ici et là quelques troquets animés où il faut absolument goûter aux bières locales. La Cape Horne ou la Beagle, par exemple. Des "cervezas" légérement maltées, à la fois agréables et désaltérantes.

Même si on sent bien que le poumon d'Ushuaia est principalement le tourisme, on ne peut s'empêcher d'admirer l'environnement naturel dans lequel la ville s'est intégrée.  Un environnement qui prend différents visages selon le climat très changeant de la région. Selon les nuages et le vent, les chaînes de montagnes se font tour à tour menaçantes, inquiétantes, apaisantes, et les eaux du canal peuvent d'un coup s'assombrir alors qu'elles donnaient l'envie d'y plonger cinq minutes auparavant. Bref, une ambiance très étrange, où on ne se sent pas grand chose face aux éléments naturels...


Plusieurs moyens pour mieux profiter de cette ambiance très particulière... Prendre un voilier, traverser le canal, débarquer sur un de ces îlots inhabités, et passer une après-midi à observer la faune et la flore, à s'imprégner de ce parfum de nature vierge et sauvage...


Ou alors parcourir les nombreux sentiers sillonnant le parc national Terra del Fuego, partir à l'ascension du Cerro Guanaco et  profiter d'une vue imprenable sur Ushuaia...


 


(Cliquez sur les faces du cube pour visualiser les photos)


 

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Publié dans Tranche de vie...

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