Les abricots et moi, ce n'est pas une histoire simple...
Une relation basée sur l'estime et le respect mutuels, certes, mais avec en filigrane, cette ambiguité permanente et ce parfum de mystère et d'incertitude
qui vous donnent toujours l'impression d'être sur le fil du rasoir...
Ma jeune collègue et moi, nous entretenons une relation intelligente. Parce que c'est une personne intelligente. Sur beaucoup
de sujets, professionnels ou non, nous nous comprenons sans forcément avoir besoin de dire les choses. Parfois, il nous suffit d'échanger un mot, un regard
ou un sourire...
Nul besoin de grandes phrases ou de longues explications... Il y a entre nous cette espèce de connivence, à la fois stimulante et fascinante, cette
connexion mystérieuse qui fait qu'on ressent les choses de la même façon... Et pour indiquer que l'on s'est bien compris, il y a cette petite étincelle que
l'on voit s'allumer dans les yeux de l'autre, ou encore, cette expression qu'on peut lire sur son visage...
L'inconvénient d'une telle fusion intellectuelle, c'est qu'on finit par prendre l'habitude de ne pas se dire les choses... On finit par se dire que ce
qu'on veut dire à l'autre, on n'a finalement pas besoin de le lui dire, parce qu'il le sait déjà, qu'il l'a déjà deviné, qu'il a déjà tout compris.
Une fois dans cet état d'esprit, on a peur d'insister, on a peur de faire preuve d'indélicatesse, on a peur de rompre maladroitement la magie et
l'équilibre de cette relation si complexe... On se pose alors des questions. On hésite à les poser. On ne les pose
pas...
Si vous connaissiez ma collègue, vous me comprendriez: ce n'est pas une biche qu'on cherche à approcher sans la faire
fuir, c'est une petite mésange posée sur une branche et qui s'envole au moindre souffle de vent...
Avant mon départ en vacances, je ne savais toujours pas comment entrer dans son univers sans la brusquer, je ne savais pas comment faire pour mieux la connaitre sans l'effrayer.
Pourtant, elle semblait m'accepter dans son environnement immédiat. Nous nous cotoyions au quotidien, nous échangions via la messagerie instantanée du bureau, nous plaisantions ensemble... Nous nous étions beaucoup rapprochés. La plupart du temps, nous quittions le bureau ensemble.
Ma jeune collègue et moi, on s'appréciait, on s'estimait, et surtout, on n'avait pas besoin de se le dire.
Je suis parti en vacances avec mon lot de questions non posées...
A mon retour, je me suis dit que...
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