Edito

Elucubrations diverses et variées, tranches de vie, coups de gueule, coups de blues... Voilà ce que globalement vous trouverez sur ce blog qui se veut une fenêtre ouverte sur le cinéma de la vie quotidienne. Si vous voulez participer au tournage, n'hésitez pas à réagir et à laisser vos commentaires!


 

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Vue sur la Tour Eiffel

 

 


Jeudi 14 septembre 2006

Notre jeune homme était rentré dans une phase de questionnement... Pour lui, c'était clair, elle avait très certainement compris l'intérêt qu'il lui portait... Elle semblait même plutôt réceptive... Mais alors, pourquoi  subsistait-il  une telle ambiguité entre eux deux?

Il analysa longuement la situation... Ils semblaient pourtant bien s'entendre tous les deux...  Mais elle, craintive,  faisait systématiquement un pas en arrière chaque fois qu'il en faisait un dans sa direction... Pourquoi tant de méfiance?  A force d'y penser, l'allégorie de la biche lui revint à l'esprit... Il décida de laisser les choses suivre leur cours, et de ne plus bouger tant qu'il n'aurait pas compris ce qui était arrivé à cette jeune femme , et ce qui avait bien pu la meurtrir pour la rendre si méfiante...

Ils se respectaient l'un l'autre et  continuaient à discuter ensemble pendant les pauses café, de tout et de rien, comme pourraient le faire de simples collégues... Paradoxalement, il eut l'impression que mettre ainsi de la distance dans leur relation et tenter de la rendre plus "professionnelle",  ne faisait que la rendre plus étrange et plus ambigue encore...

La saison s'y prêtait, un jour, ils en arrivèrent à parler de sports d'hiver... Elle apprit qu'il skiait, il la savait déjà bonne skieuse... Elle s'était inscrite à une compétition de ski qui aurait lieu à la fin du mois, un "truc de malades", une course de "passionnés du hors piste"..  Il aimait bien le hors piste...

Quelques jours plus tard, il eut la surprise de trouver dans sa boîte mail des photos de la dernière course....  Elle avait ajouté des commentaires rigolos, ainsi qu'une photo d'elle sur des skis...

Il eut envie de tâter le terrain, lui demandant si elle pensait qu'il aurait le niveau, si cela valait le coup de tenter une inscription...  Avec des amis, ils avaient décidé d'aller skier de ce côté là des Alpes vers cette période... Pourquoi pas participer à la compétition, comme ça,  juste pour voir?

Elle l'encouragea à s'inscrire (...ce qu'il fit immédiatement...)  et lui dit qu'elle serait sur place, avec des amis aussi...

 

[La suite très bientôt]

 

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par Gorgonzolla publié dans : Un peu de fromage? commentaires (2)    ajouter un commentaire
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Jeudi 7 septembre 2006

Les mois passèrent. Les choses n'avaient pas vraiment évolué entre eux. Ou plutôt, elles avaient évolué vers une situation de statu quo où elles ne pouvaient plus évoluer... Le jeune homme y réfléchissait souvent ... Elle avait certainement compris qu'il s'intéressait à elle, mais pour une raison ou une autre, ne souhaitait pas avancer sur ce terrain... Pourquoi?

Etait-ce parce qu'ils étaient collègues? Jusque là, il n'y avait pas vraiment réfléchi mais il comprenait la difficulté des relations naissant dans un milieu aussi particulier que le monde du travail, où chacun est à la recherche de l'information croustillante qui lui permettra de se rendre intéressant  tout à l'heure à la cantine... Le monde du travail... Un monde où pour rompre la monotonie, les gens sont à l'affût  des couples se formant, s'amusant lors des pauses café à disséquer impitoyablement  les moindres tentatives de rapprochement...  Ce n'était certainement pas si facile à assumer... Enfant, il adorait jouer avec le feu et notre pyromane en herbe en avait retenu un enseignement essentiel: trop de vent éteint l'allumette... 

Mais était-ce la seule raison? En effet, il avait l'impression que l'intérêt qu'il lui portait était partagé... Les attitudes, les regards, les gestes, les comportements, tout semblait montrer qu'ils n'étaient pas indifférents l'un à l'autre.. Et s'il s'était trompé? Quand on cristallise, on a toujours une fâcheuse tendance à toujours tout interpréter dans le même sens et on a du mal à rester objectif... Il en avait fait la douloureuse expérience il y a quelques années, à l'époque où il était encore étudiant...

D'ailleurs, peut-être qu'elle aussi avait eu une précédente expérience douloureuse dont elle ne s'était pas encore totalement remise? Car on ne nait pas ainsi avec une telle carapace et elle cachait certainement des blessures pas encore complétement cicatrisées... Pour l'avoir vécu, il savait que dans une telle situation, seul le temps pouvait soigner...

Cela tombait bien, du temps, il en avait...

Il attendit...

 

[La suite, dès que j'ai un moment...]

 

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par Gorgonzolla publié dans : Un peu de fromage? commentaires (3)    ajouter un commentaire
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Mercredi 6 septembre 2006

Une fois rentré chez lui, les pensées se bousculèrent dans son esprit. Troublé par l' épisode des "mains", il la sentait encore se blottir tout doucement contre lui sous son parapluie et se voyait encore ne plus oser respirer...  Cela le fit penser à une chanson de Brassens... Il rechercha le CD et l'écouta...

"Un p'tit coin d'parapluie
Contre un coin d'paradis
Elle avait quelque chos' d'un ange
Un p'tit coin d'paradis
Contre un coin d'parapluie
Je n'perdais pas au chang', pardi

Chemin faisant, que ce fut tendre
D'ouïr à deux le chant joli
Que l'eau du ciel faisait entendre
Sur le toit de mon parapluie
J'aurais voulu, comme au déluge
Voir sans arrêt tomber la pluie
Pour la garder, sous mon refuge
Quarante jours, quarante nuits"

Il réalisa qu'il se sentait vraiment bien avec elle et avait l'impression que ce sentiment était réciproque... Mais pour en être sûr, il lui fallait se découvrir et s'exposer... Se décider à lui parler...

Quand? Pourquoi pas samedi prochain, par exemple... Ou? Quelque part sur Paris, autour d'une tasse de thé ou d'un chocolat chaud par exemple, ça pourrait être une bonne idée, non?

Maintenant que les objectifs avaient été fixés, il ne restait plus qu'à passer à l'étape "réalisation"...

Faire les choses dans l'ordre... D'abord lui passer un coup de fil pour le lui proposer...  Cela avait l'air simple, mais notre jeune homme était bien trop honnête pour pouvoir inviter "l'air de rien" une jeune fille à prendre un café alors que l'invitation était tout sauf une invitation "l'air de rien"... 

Il fit plusieurs fois le tour de la place des Vosges pour surmonter ses scrupules, chasser l'appréhension, et surtout, se donner le courage de l'appeler. Une fois en condition, il composa son numéro mais tomba directement sur sa boîte vocale. Il y déposa alors un message lui proposant de prendre un café quelque part sur Paris, en fin d'après midi...

Un quart d'heure plus tard, elle lui envoyait un texto, le remerciant pour sa proposition, lui  expliquant que cela n'était pas possible car elle était actuellement avec ses soeurs.

Décidément,  il jouait de malchance.

Superstitieux, le jeune homme se dit que c'était un signe, que ce n'était peut-être pas le bon moment et qu'il valait peut-être mieux ne pas forcer le destin...

[ La suite, très bientôt...]

 

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par Gorgonzolla publié dans : Un peu de fromage? commentaires (6)    ajouter un commentaire
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Mardi 5 septembre 2006

Il la savait forte et intelligente, il la découvrait pudique,  sensible et courageuse, ce qui lui lui donna envie de mieux la connaître encore...  On était au début du mois d'Avril, les beaux jours étaient enfin de retour. Il avait prévu de paresser samedi après-midi dans les jardins du Luxembourg et lui proposa de venir profiter avec lui des premiers rayons du soleil printanier.

Dans un texto, elle lui répondit qu'elle n'était malheureusement pas sur Paris ce week-end... Effectivement, elle le lui avait dit, mais il ne s'en souvint qu'à ce moment là...

Ce rendez-vous manqué fut pour lui l'occasion de réfléchir. Durant la crapuleuse sieste qu'il fit dans les jardins du Sénat, il pensa à elle.  Il réalisa qu'il commençait à vraiment bien l'apprécier et qu'il aimait passer du temps à discuter en sa compagnie... Il réalisa aussi qu'il la voyait davantage en amie qu'en collègue...

Les semaines et les mois passèrent...  A la cotoyer quotidiennement, il apprit à mieux la connaître... Cela n'a l'air de rien, mais les pauses café et celles du déjeuner permettent vraiment de discuter de tout et de rien...

L'été, l'automne défilèrent sans qu'il n'obtienne aucune pièce supplémentaire au puzzle qu'il avait entrepris de résoudre...

Arriva alors le mois de Décembre.

Il est 19 heures. Dehors, la nuit est tombée, il neige à gros flocons.  La lumière blafarde des lampadaires éclaire doucement la rue qui s'est transformée en patinoire géante...  Notre jeune homme est sur le point de quitter le bureau lorsqu'elle le croise dans le couloir. 

- "Viens avec nous, il y a [XXX]  qui est de passage on va aller prendre un verre au café d'à côté. Les autres sont déjà là-bas! " lui dit-elle au passage.

- "Très bonne idée" aquiesça-t-il

Elle mit son bonnet de skieuse, en s'excusant presque... "C'est pas très sexy mais au moins, comme ça, j'ai pas froid à la tête"... Ils se dirigérent vers le troquet...

La neige continuait de tomber. Sur le trajet, il essaya de la protéger du mieux possible avec son parapluie. Elle le remercia pour cette  délicate attention. Ils continuèrent à marcher avec précautions. De temps en temps, elle s'aggripait à son bras pour ne pas glisser.

Ces quelques minutes de trajet furent assez étranges... Elle semblait se blottir contre lui. Leurs mains se frôlaient... Ils ne parlaient pas beaucoup mais les gestes mieux que le langage étaient chargés de signification... Un peu comme dans les Poupées Russes, dans la scène des mains qui se parlent ... Vous savez?  Cette scène très poétique (et si vraie) où Neus et Xavier se prennent la main pour la première fois...

Après le pot, il la raccompagna jusqu'à sa station de métro...

 

[ La suite au prochain épisode... ]

 

 

 

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par Gorgonzolla publié dans : Un peu de fromage? commentaires (2)    ajouter un commentaire
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Lundi 4 septembre 2006

Le souvenir de sa dernière expérience sentimentale commençait lentement à s'étioler et ces images auparavant si présentes dans son esprit s'estompaient au fil du temps.

Notre jeune homme se plaisait dans son nouvel environnement professionnel. Le travail et les nouvelles responsabilités qui lui avaient été confiées le captivaient.  Mais bien plus stimulant encore, il y avait cette jeune femme au regard si intense qui semblait s'intéresser à lui et dont la personnalité ambivalente l'intriguait...  

Elle apparaissait aux yeux de tout ses collègues comme quelqu'un de franc, direct, possédant une très forte personnalité.

A force de l'observer, lui, par contre, sentait qu'il y avait certainement autre chose derrière ce caractère si affirmé...

"Voir un monde dans un grain de sable" disait William Blake...

Cela faisait maintenant trois mois que sa nouvelle mission avait commencé. Un soir, alors qu'il s'apprêtait à quitter le bureau déjà déserté par tous leurs autres collègues, il s'arrêta devant son openspace pour lui dire au revoir. Ils engagérent alors la conversation: échange  de banalités au départ, s'ensuivirent deux ou trois plaisanteries, puis quelques médisances sur les dernières décisions prises par "les chefs"... Bref,  tout ce que peuvent classiquement se dire des collègues sur le point de rentrer chez eux...

Curieusement, il sentait qu'elle avait envie de parler à quelqu'un. Personne ne l'attendait chez lui, il reposa son cartable par terre....  Ils parlèrent des amis qu'ils avaient en commun... (Et oui, deux promotions d'intervalle, ça fait quand même un paquet de connaissances communes...)  Il lui posa alors des questions sur son parcours... Qu'avait elle fait avant? Où était-elle allée? Que voulait-elle faire?  Elle lui parla alors de son expérience à l'étranger, de ses missions dans les pays de l'Est, du sentiment d'éloignement et d'isolement qu'elle avait alors éprouvé, elle, toute jeune diplômée parachutée au mileu de nulle part...

La conversation prit progressivement une tournure plus personnelle... Il l'écoutait attentivement...  Elle, continuait de parler comme si elle avait été bâillonnée durant les cinq dernières années et venait de recouvrer la parole... Elle parlait, rebondissant de sujet en sujet... Lui, écoutait.

L'ambiance  tamisée des openspaces déserts se prêtant aux confidences, de fil en aiguille, elle en vint alors à lui parler  de sa Savoie natale, de sa famille, de ses soeurs. Elle lui parla de sa maman qu'elle avait perdue il y a quelques années... Elle en parla avec tant de pudeur qu'il en fut gêné. Surpris, il ne s'attendait pas à ce qu'elle s'ouvre autant à lui...  Ils discutèrent quelques instants encore, puis il reprit son cartable, lui souhaita une bonne soirée et rentra chez lui.

Tout au long du trajet du retour, il ne put s'empêcher de repenser à ce qu'il venait de vivre... Assurément, cette fille avait du chien... L'espace d'un instant, il avait entraperçu en elle cette fragilité cachée qu'il soupçonnait...  Elle avait de la personnalité et du caractère, ça, c'était sûr... Mais par dessus tout, il la trouvait sensible et terriblement courageuse... Le grain de sable avait encore dit vrai...

Le samedi suivant, il l'invita à venir profiter avec lui d'un brin de soleil dans les jardins du Luxembourg...

 

[La suite demain, si vous le voulez bien...]

 

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Samedi 2 septembre 2006

Dans l'épisode précédent , nous avions évoqué cette longue phase de cicatrisation durant laquelle les esprits torturés cherchent  toujours à comprendre, se posant tout un tas de questions sans jamais en trouver les réponses...

Pendant  cette période, notre jeune homme vécut complétement dans le passé, se nourrissant de souvenirs, se remémorant avec nostalgie les moments passés  sur le campus à cristalliser  lentement. Curieusement, ces instants de restrospection l'apaisaient..

Parfois, il regrettait , se demandant s'il n'avait pas rêvé cette complicité naissante entre Elle et lui... Réalité ou fantasme?   Qu'est ce qui avait bien pu le pousser à se jeter ainsi à l'eau? Pourquoi s'était-il ainsi dévoilé? Pourquoi avait-il précipité aussi brusquement les choses, gâchant ainsi à coup sûr une amitié qui aurait pu naître lentement entre eux?

Une demoiselle timide, c'est un peu comme une biche qu'on aperçoit de loin à l'orée du bois. Si on la regarde les yeux dans les yeux, on peut s'en approcher lentement, pas après pas, mais attention, un geste trop brusque ou un faux mouvement, et vous ne verrez plus qu'une silhouette apeurée s'enfuir et détaler au fin fond de la forêt, et plus jamais vous ne la rattraperez...

Cette phase introspective fut longue et ne se termina vraiment que lorsqu'il apprit qu'Elle allait vivre une nouvelle étape de sa vie et devenir maman... Il réalisa alors qu'il lui fallait arrêter de penser à elle. Ce qu'il s'efforça de faire... Il se consacra alors à son travail et à ses amis. Ces derniers étaient loin de se douter ce qu'il traversait car quand on a l'habitude de ne pas parler de certains aspects de sa vie, il est assez facile de ne rien laisser paraître et de garder les blessures secrètes bien enfouies au fond de soi...

Le temps passa. Côté boulot, les missions s'enchaînaient. Différentes à chaque fois, et toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Se plonger dans le travail lui permettait surtout d'occulter cet autre aspect de sa vie qu'il avait volontairement décidé de mettre entre parenthèses.

Mais comme le disait un certaint Forrest Gump, "Life is like a box of chocolates... You never know what you're gonna get".

Nous sommes en 2004...  Notre jeune homme vient de débarquer dans un nouveau service. Une ambiance sympathique, de nouvelles têtes, de nouvelles personnalités à découvrir, notamment cette jeune fille qui le regarde souvent étrangement et qui semble aimer discuter avec lui. Ils s'aperçoivent qu' ils sont en fait sortis de la même école à plusieurs promotions d'intervalles, qu'ils connaissent donc les mêmes profs et sont passés par les mêmes galères... Etrangement, cela crée tout de suite un lien de sympathie. Elle lui pose plein de questions.

De son côté, notre jeune homme cherche à mieux connaître Miss Curieuse.  Un caractère très fort, une personnalité authentique, quelqu'un de très dynamique... Une jeune femme féminine, élégante et soignée...

Mais dans une personnalité, le plus intéressant à voir, c'est justement ce qui ne se voit pas, notamment quand c'est quelque chose de caché... 

A force de l'observer, le jeune homme avait décelé à plusieurs reprises des indices lui indiquant que Miss Curieuse n'était pas en fait l'extravertie qu'elle donnait l'impression d'être... ll avait le sentiment que ce personnage si haut en couleurs cachait en fait une certaine fragilité et un brin de timidité... Et cela l'intriguait au plus haut point...

 

[La suite demain, comme d'habitude...]

 

 

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Samedi 2 septembre 2006

A la fin de l'épisode précédent , nous nous étions quittés en laissant notre jeune homme dans la salle des casiers... 

Cela faisait plusieurs jours qu'il y réfléchissait. Elle, partait faire sa dernière année en Espagne. Lui, allait partir six mois en stage au sein de la Silicon Valley... Il risquait de ne plus la revoir et c'est ainsi que l'idée de lui offrir un cadeau germa dans son esprit... Un petit cadeau d'au revoir, quelque chose juste pour lui dire qu'elle était spéciale à ses yeux...  Un souvenir au cas où ils ne se verraient plus...

Planté devant le casier de la demoiselle, le jeune homme hésita longtemps. Comment allait-elle l'interpréter? Et si elle le prenait mal? N'était-ce pas trop direct? Il se décida finalement et accompagna son paquet d'un petit mot  tout simple, sans miévreries, ni fioritures.   Il s'en alla alors, le pas léger mais l'esprit submergé par de nouvelles interrogations. Etait-ce donc cela, le premier pas? Qu'est-ce qui avait  bien pu autant l'enhardir? Est-ce que cela signifiait qu'il avait enfin rencontré la bonne personne?

Le lendemain était le dernier jour scolaire. Les étudiants rendaient leur chambres et quittaient la résidence. Dans la rue, c'était un ballet incessant de voitures, toutes chargées comme il est possible de charger une voiture d'étudiant (et croyez moi, on est loin d'imaginer tout ce que peut contenir une Super cinq ou une 205 junior)...

Notre jeune homme n'avait pas bien dormi la veille et n'avait pas du tout la tête à déménager. Il consulta son mail. Elle lui avait répondu. Elle le remerciait pour son cadeau, lui indiquait sa surprise et son étonnement, mais expliquait qu'elle ne pouvait malheureusement pas le garder  et qu'elle le lui retournait via casier interposé... La tournure de la réponse était simple, délicate et les mots avaient été soigneusement choisis pour blesser le moins possible, ce qui les rendaient encore plus douloureux...

Le monde s'effondra sous les pieds du jeune homme mais il n'eut pas vraiment le temps de se morfondre sur son triste sort: en effet, le surlendemain, il s'envolait pour San Francisco, laissant tout derrière lui...

Là bas, il passa 6 mois mémorables...  Toutefois, il ne pouvait s'empêcher de penser souvent  à elle, imaginant ce qu'elle devenait, se demandant s'il allait la revoir.  Au lieu de plafonniser, il regardait les nuages pendant de longues heures. Quotidiennement, il voyait son prénom partout: dans la rue, gravé sur les arbres, dans les génériques de film... Tous le matins, en se réveillant, c'était à elle qu'il pensait en premier.

Il lui réexpédia le cadeau, la priant de le garder, car de toutes façons, il n'en ferait rien... 

Deux années passèrent. L'étudiant d'hier était rentré dans la vie active. Au cours d'une soirée organisée par des amis communs, ils se recroisèrent... Un peu gênés, ils s'échangérent des sourires mais s'évitèrent...

Une année plus tard, toujours par des amis communs le jeune homme apprit que celle qui jusque là occupait encore ses pensées attendait une petite fille.  A sa naissance, il lui envoya une peluche. Ce fut leur dernier échange.

Cinq années s'étaient écoulées depuis la première rencontre. Mais cicatriser, cela prend du temps et deux autres années passèrent encore avant que notre jeune homme ne rencontre une autre personne lui donnant envie d'effectuer à nouveau le premier pas...

 

[ La suite, toujours demain...]

 

 

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Vendredi 1 septembre 2006

Je pensais bien me connaître mais je découvre que je suis en train de changer et je dois avouer qu'à ce stade de la transformation, ça m'effraye un petit peu quand même...

Bon, je rassure tout de suite les personnes assises au fond de la classe et qui sont en train de se marrer, non, je ne me transforme pas encore en géant vert en arrachant ma chemise et en criant "Huûûûûlkkkk" !

Je parlais en fait d'un changement plus profond, au niveau de ma personnalité...

Dans certains contes, les carrosses se transforment en citrouille. Et bien moi, je suis en train de me transformer en... coeur d'artichaut...

Mais bon, parce que les boeufs viennent toujours avant la charrue, parce qu'on ne mange pas le dessert avant les entrées et aussi parce qu'une rédaction, c'est une introduction, un développement, une conclusion et non l'inverse, il me faut commencer par vous raconter l'histoire par son commencement...

Il était une fois un jeune homme réservé qui n'osait jamais vraiment aborder les jeunes filles. (Que tout ceux qui se reconnaissent lévent la main...) Ce jeune homme n'était timide que sur ce plan là et dans la vie courante, il était au contraire volontaire et dynamique. Du coup, les personnes le connaissant, mettaient bien volontiers sur le compte de la discrétion le fait qu'il n'évoque jamais sa vie sentimentale.

Conscient de certains manques, le jeune homme ne s'en inquiétait pas pour autant et serein, il se disait : "Pas de pression, le jour où je rencontrerais vraiment la personne faite pour moi, je le sentirais et tout se fera instinctivement et naturellement, le premier pas, le deuxième pas, et puis tous les autres..."

Les années passèrent, notre jeune homme en profita pour faire des études...

Le voilà sur un campus avec tout plein d'étudiants et d'étudiantes de son âge... Dans quelques années, il rentrera dans la vie active.

Mais pour l'instant, il s'investit dans la vie associative, sèche les cours qu'il n'aime pas, repasse des examens en Septembre, proteste contre le corps enseignant, fait signer des pétitions dont aujourd'hui il rit encore. Quand il est en amphi, il passe le plus clair de son temps à faire des blagues de potache. Quand il n'y est pas, vous le trouverez à la cafette à coincher avec ses potes. Le soir, ce sont souvent des squatts organisés dans le foyer, chez lui ou chez ses potes, squatts donnant lieu à d'interminables parties de Diplomacy ou alors à des discussions sans fin, ambiance "causette de bistrot"...

(Que tout ceux qui se reconnaissent lévent l'autre main...)

Bon, de temps en temps, il étudie quand même un peu, car faut pas non plus pousser le bouchon trop loin et en école d'ingé, il faut quand même valider un minimum d'UV pour passer...

Notre jeune homme vivait donc tranquillement, refusant de se transformer, à l'instar de ses camarades du moment, en ces redoutables prédateurs de boîtes de nuit , qui une fois l'obscurité tombée, se mettent à "chasser la gazelle" de façon plus ou moins heureuse...

Il eut raison de rester fidèle à lui-même car finalement, ce qui devait arriver arriva et le jeune homme rencontra sur le campus une demoiselle dont il tomba lentement mais rapidement très amoureux. (Pas d'affolage, pour le "lentement mais rapidement", vous allez comprendre...) Elle était  réservée, limite un peu timide. Les "prédateurs" la trouvaient froide, limite dédaigneuse et parce qu'elle était sérieuse et obtenait plutôt de bons résultats scolaires, elle succitait davantage l'envie et la jalousie que l'admiration et la sympathie... Le jeune homme la trouvait au contraire fort charmante mais n'osait pas l'aborder directement, peut-être aussi parce qu'il était un peu complexé par l'étiquette de cancre lui collant à la peau ...

Longtemps ils se croisèrent tous les lundis matins sur le quai du RER les emmenant sur le campus, n'échangeant en tout et pour tout que saluts et sourires... Ah, ces fameux RER bleu-blanc-rouge à deux étages, qui en dix minutes vous sortent de Paris et vous emmènent au milieu de nulle part... Un jour, elle lui expliqua pourquoi elle se mettait systématiquement au deuxième étage, à la place donnant sur le quai..."C'est pour mieux voir s'il y a des contrôleurs ou pas parce que des fois, le matin, j'ai pas le temps d'acheter mon ticket"... C'était bien la dernière personne qu'il aurait pu soupçonner prendre en fragrant délit de fraude et intérieurement, cet aveu le fit fondre complétement...

Puis vinrent les périodes de révisions. Le cancre était limite devenu sérieux, il fréquentait les bibliothèques, fouillait les archives et les compilations d'annales, à la recherche des sujets qui allaient tomber (car est-il nécessaire de le rappeler, depuis la nuit des temps, le Graal de l'étudiant moyen, c'est dénicher le sujet qui va tomber à l'exam)... Il faisait profiter Miss Timide du fruit de ses recherches. Le soir, il ne jouait plus à Diplomacy et ne coinchait plus: il passait son temps à causer avec son binôme (Binôme, si tu me lis, un grand merci à toi pour m'avoir supporté et pour avoir écouté toutes mes élucubrations) , et quand il ne discutait pas avec son binôme, notre jeune homme se mettait à plafonniser (=rester allongé sur le lit à regarder les fissures du plafond) ...

La cristallisation continuait de s'effectuer... La plafonnisation étant source d'inspiration, Miss Timide eut même droit à son petit poème anonyme (c'est quand même pratique Yahoo! pour rester incognito) ...

Hélas, l'un des grands problèmes de la plafonnisation, c'est que c'est  assez incompatible avec les révisions... Les résultats scolaires du jeune homme s'en ressentirent d'ailleurs fortement... Mais il s'en fichait. Lors d'un examen, plutôt que de chercher déjà lui à s'en sortir, il préféra même aider Miss Timide en lui refilant la solution d'un exercice afin de lui éviter la septembrisation... (Avec le recul, je me rends compte que là, on est très proche des récits du Moyen Age où le Chevalier se sacrifie pour sauver sa Dame et qu'on frise presque l'Amour Courtois)...

Deux années s'étaient écoulées (Vous comprenez peut-être maintenant ce que j'entendais plus haut par "lentement mais rapidement"? ) , la fin de l'année scolaire approchait à grand pas, le Chevalier était lardé de sessions de rattrapage. Sa Dame, sauvée, pouvait s'envoler effectuer sa dernière année en Espagne... Agonisant sous les convocations aux examens de Septembre, notre Chevalier s'est alors sans vergogne transformé en vil mendiant, arpentant les couloirs et quémandant de bureau en bureau un demi point par ci, un demi point par là...  Ce fut un combat de tous les jours et surtout une véritable leçon de vie, car c'est là qu'il eut à apprendre toutes les techniques des gens qui font la manche dans le métro...

Bien qu'englué dans ces considérations stressantes et bassement terre à terre et toujours sous la menace du couperet du redoublement (sanction suprême, synonyme pour tout étudiant qui se respecte, de "prolongation de peine"), notre ménestrel des temps modernes  continuait pourtant à avoir des pensées autrement plus nobles. Prenant soudain conscience du fait qu'il risquait de ne plus la voir, il se décida à se dévoiler auprès de la Dame de son coeur, en glissant dans son casier un cadeau accompagné d'un petit mot... 

[La suite demain, parce qu'il se fait tard... ]

 

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Lundi 28 août 2006

Ces derniers temps, je me fais de temps en temps le soir des séances de rattrapage de Desperate Housewives, cette série américaine un peu déjantée qui raconte le quotidien à Wisteria Lane de quatre femmes et de leur entourage... Je termine à peine la 1ère saison mais autant vous dire que je suis déjà un mordu...

Une scène que j'ai trouvé très belle (Saison 1, épisode 16) rassemble deux des amies à qui il est arrivé des malheurs, malheurs connus de tous, mais dont elles ne veulent pas parler, jugeant humiliant ce qui leur est arrivé....

Le contexte:

Bree Van der Kamp, l'épouse modèle, la mère exemplaire, la névrosée de la perfection, a appris les tendances sado-masochistes de son mari et a eu vent de ses fréquentations peu recommandables.

Gabrielle Solis, ex mannequin qui ne jure que par l'argent et la richesse, rencontre actuellement des revers de fortune et est obligée d'utiliser les WC de ses amies, n'ayant pas assez d'argent pour réparer sa plomberie...

La scène: (Gabrielle sort des toilettes de Bree, feignant d'y être allée afin de s'inspirer de la décoration) 

Bree: Tu peux me dire si tu as des problèmes d'argent. On est amies. Ca ne changera rien. Pourquoi ne veux tu pas m'en parler?

Gabrielle: Peut-être  pour la même raison que celle pour laquelle tu ne m'as pas parlé de tes problèmes avec ton mari. Bree, voilà comment je vois les choses: les copines s'humilient et font tout pour s'éviter après... Les vraies amies passent sous silence tout ce qui est un peu délicat à aborder et font comme si de rien n'était...

Bree: (Elle réfléchit un instant, puis se lève, royale)  ...  Bon courage pour ta déco ...

Gabrielle: (sur le ton de la complicité) ... Tu passeras le bonjour à Rex de ma part...

 

J'adore.... Et puis, c'est tellement vrai... Les vrais amis savent ne pas appuyer là où cela fait mal...

Bon, tout ça pour dire que si vous n'êtes pas déjà un fan inconditionnel de l'humour grinçant de cette série, je vous recommande grandement d'y gouter... Vous serez définitivement conquis par la qualité de jeu des actrices, le burlesque de certaines situations et serez surpris par l'émotion que peuvent dégager certaines scènes...

 

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Dimanche 27 août 2006

Petit sondage: Que font les gens le dimanche??? 

 

Pour ma part, je suis allé nager à la piscine ce matin (chouette, une ligne d'eau pour moi tout seul... ).

Puis avec mon frére et deux de ses amis, on est allé bruncher du côté de la place du marché St Honoré (Le Pain Quotidien, où ils ont des confitures et des pâtes à tartiner à tomber par terre).

Je suis rentré chez moi à pied, en faisant une super ballade le long des quais de Seine (ouverts aux piétons) et en passant sur l'allée des Cygnes, j'ai rencontré un ami et sa femme qui eux aussi se balladaient...

Bref, en ce qui me concerne, le dimanche, c'est généralement une journée "glandouille"...

Et vous alors, que faites vous de beau le dimanche?

 

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par Gorgonzolla publié dans : Un peu de fromage? commentaires (2)    ajouter un commentaire
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Samedi 26 août 2006

Hier, je suis allé voir "La Tourneuse de Pages", un drame psychologique sur le thème de "La vengeance est un plat qui se mange froid",  que j'ai trouvé pas mal du tout... 

Ce film relate la rencontre de deux femmes déterminées qui ont chacune  à leur manière joué un rôle important dans la vie l'une de l'autre... Les deux actrices principales, Catherine Frot et Déborah François, incarnent très bien leur personnage de femme ambigue, à la fois forte et fragile. Blessées chacune à une période de leur vie, elles sont attachantes par leur vulnérabilité.

C'est simple, beau, et glacial...  Vous aimerez sûrement...

Un film qui fait réfléchir sur la nature humaine mais qui rappelle aussi que le moindre de nos actes, même le plus anodin, peut avoir des conséquences importantes... "Rien n'arrive sans raison"

 

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Mardi 22 août 2006

Deuxième histoire se déroulant pendant ce même trajet en train dimanche dernier...

Tandis que, tel un éclaireur Mohawk, j'observais à la dérobée Chevelure Bouclée et qu' à partir des maigres indices récoltés, je tentais en vain de faire des déductions sur elle , mon attention s'est portée sur le petit couple assis dans le carré d'à côté...

Deux personnes âgées... L'homme est assis à la place jouxtant le couloir. Il doit bien avoir soixante quinze ans. Ses cheveux sont blanchis par les temps, ses mains tremblantes sont totalement ridées. Bésicle sur le nez, il lit une revue scientifique. Le dossier du mois: "Freud et les sciences, la psychanalyse face aux neurosciences..."  (...  Ce qui est bien chez les éclaireurs indiens Mohawk, c'est qu'ils sont discrets et qu'ils peuvent voir beaucoup de détails sans même donner l'impression de regarder! )

La femme est assise à côté de la fenêtre. Elle aussi lit. C'est un roman  d'Henning Mankell:  "Le Guerrier Solitaire".

De temps en temps, le couple suspend sa lecture. Respectueux du confort des autres, le vieil homme et sa femme se chuchotent à l'oreille pour se parler. Pas de bol, même avec un casque sur les oreilles, un indien Mohawk parvient à discerner les chuchotements..

Surprise, ils se vouvoient...

La femme (enthousiaste, gloussant presque): "André, avez  vous vu ce coucher de soleil? Il faudrait que le train tourne un peu de ce côté pour qu'on le voit bien."

Le vieil homme: (d'un air blasé et sortant de sa poche son porte-clé boussole) "C'est étrange, cela signifie que nous allons actuellement dans une direction nord ouest."

Le train poursuit sa lente remontée vers Paris. Le vieil homme est passé à la lecture d'un épais pavé sur l'empire gréco-romain. D'autres petites conversations anodines viennent  émailler le voyage.

La femme (pensive): "Demain matin, j'irai chez le coiffeur"

Le vieil homme: (intéressé) "Bonne idée, j'irai aussi"

La femme : "Mais non André, vous le savez bien, le vôtre est fermé lundi"

Le vieil homme (confus): "Ah oui, peut-être..."

La femme (taquine): "Décidément, vous n'avez plus votre tête..."

Le train arrive à Paris. J'aide une passagère à descendre sa lourde valise rouge. Tous les voyageurs descendent sur le quai  et se dirigent vers les bouches de métro et les bornes de taxi. Je suis à la moitié du quai. Loin derrère moi, je surprends une dernière conversation:

La femme : "....  ça nous aurait fait de la distraction."

Le vieil homme: "Vu comme il la regardait, moi aussi, je pensais qu'il allait engager la conversation avec la  voisine..."

L'espace d'un instant, je me suis senti dans la peau d'un indien Mohawk pris à son propre piége ...

 

 

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par Gorgonzolla publié dans : Un peu de fromage? commentaires (3)    ajouter un commentaire
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Lundi 21 août 2006

J'adore prendre les transports en commun... Quand on a le temps, c'est le meilleur endroit pour observer le comportement des uns et des autres et  parfois, c'est un peu comme si on se passait un DVD de Lelouch...

Dimanche dernier, je prenais le train pour revenir sur Paris après un week-end ensoleillé passé dans le Sud-Ouest.  Un long métrage de cinq bonnes heures en perspective... Heureusement que les acteurs et les nombreux figurants ont été à la hauteur...

Dans le rôle principal, la jeune femme qui était assise en face de moi.  Lorsque je suis monté dans le wagon, elle était déjà là et m'a regardé m'installer. Je lui ai dit bonjour, elle a semblé étonnée et m'a retourné mon salut.

Look jeune, assez soigné, de grands yeux verts, des lunettes de soleil portée "à la parisienne" (...c'est à dire monture placée en travers de sa chevelure bouclée), des petites baskets noires estampillées le Coq Sportif. Je dis "look soigné", mais je devrais plutôt parler de "look étudié"... Car de la chemise à motifs rouges et noirs au pantalon noir à fines rayures rouges en passant par les baskets (noires, si vous avez suivi...),  rien ne semblait avoir été laissé au hasard dans le choix des couleurs qui s'accordaient plutôt harmonieusement.

Le train repart. Elle semble absorbée par la lecture de son livre. "L'Arbre aux Secrets", de Santa Montefiore. Le temps passe, "l'Arbre aux Secrets" s'effeuille petit à petit. Mon iPod égrène une à une les chansons du répertoire de Vincent Delerm. Fanny Ardant, La Vipère du Gabon, les filles de 1973, etc.

De temps à autre, on se fait involontairement du pied, esquissant à chaque fois un sourire gêné en prononçant le petit "pardon" d'usage... Mais bon, qu'est ce que c'est agréable un petit sourire gêné...

De temps en temps, je la regarde lire. Elle semble captivée. Je trouve cette captivation à la fois exquise et fascinante. Fascinante au point d'oublier que dans ma jeunesse, ma maman m'avait toujours dit qu'il était impoli de fixer les gens. A plusieurs reprises, la jeune femme, se sentant sans doute observée, a levé son regard et a surpris le mien.

C'est étrange, moi qui m'entraînais lors de mes trajets de métro à soutenir les regards les plus appuyés et qui parvenait à faire détourner les regards les plus inquisiteurs, je ne pouvais m'empêcher de regarder aussitôt la vitre à chaque fois que nos regards se croisaient... Je n'avais jamais autant perdu au jeu du regard, un jeu dont j'avais moi-même  inventé les régles, un jeu dont j'étais le champion incontestable et incontesté jusqu'à présent...

Chaque fois, je la re-défiais à nouveau, chaque fois je perdais mon défi, jurant qu'au prochain coup, je gagnerais... C'était plus fort que moi, son regard magnétique attirait le mien...

Gare de Poitiers, l'Arbre aux Secrets est sérieusement entamé... Il se fait tard, les paupières sont un peu plus lourdes. La jeune femme se dit sans doute qu'elle ne parviendra pas à terminer son roman avant que le train n'arrive à Paris car d'un coup, elle se met à tourner les pages plus rapidement, lisant en diagonale, arrivant rapidement aux dernières pages qu'elle dévore littéralement... D'un coup, elle referme alors son livre et le range dans son sac.  Sur le moment, je me dis qu'il s'agit peut-être d'un roman policier et qu'elle est allé directement à la fin pour savoir qui a tué le Colonel Moutarde. Chouette, une nouvelle pièce au puzzle: outre le fait qu'elle est très forte au jeu du regard, Chevelure Bouclée est impatiente...

Elle chausse ses lunettes noires et se met à dormir. Je l'observe de temps en temps du coin de l'oeil. Mais je suis vite gêné. "On ne regarde pas les gens dormir" me dit mon petit Jiminy Cricket... Bon, allez, une dernière fois... Je la regarde dormir, essayant de sonder ce qui se cache derrière le mystère de ces lunettes noires. Tout d'un coup, elle se réveille (où alors faisait elle semblant de dormir?) et je vois nettement ses yeux verts me regarder d'un air amusé. Instantanément, je me mets à regarder les lampadaires défiler le long de la voie ferrée... Caramba! encore raté!

Je n'ai plus osé la regarder jusqu'à l'arrivée du train à Paris. Je l'ai alors aidée à descendre sa lourde valise rouge. Elle m'a remercié et m'a dit  "Au revoir" avec un délicieux sourire.

A y réfléchir, je n'aurais jamais osé aborder cette jeune femme. Mais si un jour je la revois, j'aimerais lui poser plusieurs questions...

1) A t-elle apprécié ou non l'Arbre aux Secrets? Après une rapide recherche sur Internet, il ne s'agit pas d'un roman policier mais plutôt d'un roman sentimental

2) Chausse-t-elle du 37 ou du 39?

3) Pourquoi m'a t-elle souri derrière ses lunettes?

4) Aurait-elle aimé que je l'interrompe dans sa lecture et qu'on discute pendant le voyage ou même, qu'on joue pour de vrai au jeu du regard ?

Lecteurs, lectrices, donnez moi vos avis et par la même occasion, dites moi si demain, vous voulez  connaître l'histoire du petit couple de retraités qui s'est déroulée en paralléle... (Je vous l'avais dit, c'est comme un DVD de Lelouch...) 

 

 

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Mardi 15 août 2006

J'ai profité de cette journée d'Assomption pour faire moi aussi mon petit pélérinage... Et oui, je me suis aperçu que depuis que l'été a commencé, je n'ai pas encore pu profiter de la magie de "Paris l'été" et qu'il y a un bon nombre de lieux que j'aime beaucoup et que je n'ai pas encore pu revoir cet été....

Tout d'abord, un petit tour au Luco, derrière les terrains de tennis... Pour ceux qui connaissent, c'est le coin des joueurs d'échecs... Je m'incruste à une table, me fais séchement sortir dès la première partie, rejoue, et prend ma revanche en dégageant à son tour le joueur au polo vert et au cigarillo... En me retournant, je reconnais un collégue qui trainait par là. Décidément, le monde est petit...

On décide de partir explorer Paris ensemble. En traversant le jardin du Luxembourg, je m'aperçois que ce dernier reste intemporel et qu'il est toujours aussi agréable de s'y promener... Il aurait fait un peu plus beau, j'aurais attrapé deux chaises et me serais posé quelque temps au soleil... (Je dis deux chaises, mais je précise "une chaise inclinée" pour le dos et  "une chaise normale" pour les pieds, car c'eut été un sacrilége de faire autrement. Les puristes me comprendront....)

Petit arrêt en haut du Boulevard St Michel... Nous prenons chacun une crêpe beurre-sucre. C'est dans cette petite échope que la crêpe beurre-sucre est la meilleure. Et en plus, c'est la moins chère de tout le boulevard... (Croyez moi, j'en ai fait des blind tests et des benchmarking de crêpes sur le boulevard St Michel...)

Nous déambulons sur le boulevard Saint Michel en direction de Notre Dame où nous sommes arrêtés par une longue procession. Et oui, c'est l'Assomption... Ca attire les touristes... Après quelques instants, nous parvenons sur le pont piétonnier derrière Notre Dame.

Je ne sais plus le nom de ce pont,  mais vous verrez immédiatement de quel pont je parle, si je vous décris le clown à bicylette avec un pantalon et un panneau de sens interdit sur les fesses... Vous voyez de quel clown je parle? Il n'y en a qu'un dans tout Paris et il est là depuis des années avec son anglais pour touristes, son numéro de James Bond à vélo et ses chaises pour enfants... 

On ne s'est pas trop arrêté, du coup, je ne sais pas si depuis l'année dernière, il a renouvellé son répertoire ou non... Bon, vous voyez maintenant de quel pont je parle? Mais oui, celui des glaces Berthillon... (D'ailleurs, on s'en est pris chacun une double ...  Pas très raisonnable après la crêpe, mais bon, c'était un pélerinage et  dès le départ, la glace faisait partie du pélerinage...)

On repart en direction du Louvre. Je m'arrête pour acheter un pot de basilic. Avec des tomates, de l'huile d'olive, et un peu de mozzarella, c'est excellent..

On arrive à la Cour Carrée... Toujours aussi majestueuse. Je me dis que les architectes de l'époque étaient très prévoyants... Même avec toute la circulation d'aujourd'hui, il n'y a pas un bruit dans cette magnifique cour. J'ai hâte d'y revenir un de ces soirs pour en prendre des photos sous cet élégant éclairage nocturne...

Mon collégue repart vers sa voiture. Je traverse les Tuileries, reprend mon bus à la Concorde et rentre à la maison, content d'avoir effectué mon petit pélérinage, la tête pleine de souvenirs lointains remémorés, et l'appareil photos plein de clichés que vous verrez peut-être une autre fois...

 

 

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par Gorgonzolla publié dans : Un peu de fromage? commentaires (1)    ajouter un commentaire
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Mercredi 9 août 2006

Ce soir, je dinais chez des amis qui, depuis que j'ai déménagé il y a quelques mois, se trouvent être mes nouveaux voisins de quartier... Allez, à tout casser, on doit habiter à 150 mètres d'écart, ce qui fait que je me retrouve souvent à squatter chez eux... Ce soir, le prétexte du squatt, c'était des tests de Freebox à domicile...

Ces amis/voisins avaient aussi invité à dîner un très sympathique couple d'anglais qu'ils connaissaient depuis 10 ans. Je devrais plutôt parler de couple de britanniques, le jeune homme étant  écossais, et la jeune femme venant du pays de Galles. D'ailleurs, cela me fait penser que même en y faisant attention, j'ai du faire plusieurs fois la gaffe durant la soirée... Ah, les anglais, les britanniques, les écossais, les gallois.... on a tendance à les mettre dans le même sac...Et pourtant, c'est un petit peu comme Balisto: ça change tout, c'est différent, c'est pas pareil...

Bilan de la soirée? Et bien figurez vous que cela m'a fait beaucoup de bien de parler anglais avec des vrais britishs... Au boulot, on parle souvent anglais, mais bon, le plus souvent c'est davantage parce que c'est une langue internationale, et je peux vous dire que ça change du tout au tout de parler anglais avec un vrai rosbif... Moi qui commençais à m' habituer à parler anglais avec les italiens, les espagnols, les indiens, les chinois... (=> Nan, là, je peux pas écrire ça et il faut que je barre... L'anglais des chinois, je ne m'y suis toujours pas fait....)

J'étais complétement sous le charme de cet accent très doux, de ces tonalités un petit peu chantantes, de ces mots si délicatement avalés... Un vrai régal...

J'adore l'anglais prononcé par les personnes d'Outre Manche... Ca me fait un peu penser au phrasé typiquement anglais de Wendy dans l'Auberge Espagnole/ Les Poupées Russes... So british...

Un vrai délice...

 

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Mardi 1 août 2006

Bon, alors ce soir, je suis  allé prendre un verre avec des potes, que je n'avais pas revus depuis que j'étais sorti de l'école, et avec qui j'ai repris contact à l'occation d'un mariage...

Ambiance très sympathique... Je n'en attendais pas moins d'une telle bande de potes. A l'école, pour les études, ils étaient considérés comme une équipe de branquignols, mais qu'est ce qu'ils se marraient...

Ils m'ont refait le sketche du TP où ils étaient au dernier rang, à ne pas savoir que faire, à surveiller les progrès des binômes devant, à tenter de glâner des informations à droite et à gauche...

- On allait pomper sur les mecs devant, mais on ne savait même pas quoi leur poser comme question... - Alors, vous, ça avance? vous en êtes où? Vous pouvez pas sauver ce que vous avez fait sur notre disquette?"

Moi, à l'évocation de ces souvenirs, j'étais plié de rire... Surtout en pensant qu'aujourd'hui, on est tous devenus des gens a priori sérieux dans la vie professionnelle, certains mariés, et d'autres avec des gamins...

Tout cela pour dire que finalement, on finit toujours par se ranger des voitures et cela, plus rapidement qu'on ne le pense...

Je dis ça, mais bon, à part être sérieux dans la vie professionnelle, je ne suis pas marié et n'ai pas encore d'enfants...

 

 

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