Edito

Elucubrations diverses et variées, tranches de vie, coups de gueule, coups de blues... Voilà ce que globalement vous trouverez sur ce blog qui se veut une fenêtre ouverte sur le cinéma de la vie quotidienne. Si vous voulez participer au tournage, n'hésitez pas à réagir et à laisser vos commentaires!


 

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Vue sur la Tour Eiffel

 

 


Mardi 10 octobre 2006

Il est 22h. Dehors, la nuit est tombée. Quelques voitures passent rapidement dans l'avenue éclairée par la lueur jaune des lampadaires...

Je suis dans mon salon, confortablement assis dans ce fauteuil  dont j'apprécie tous les soirs l'ergonomie et que les connaisseurs appelent  "POÄNG" (powered by IKEA, Inc)

Toutes les lumières sont éteintes dans mon salon. Seule la lueur de l'écran de mon PC portable éclaire le clavier à partir duquel j'écris le présent article.

J'écoute Lhasa De Sela, une artiste qu'un de mes amis m'a récemment fait découvrir. J'aime beaucoup sa musique et je l'écoute en boucle depuis deux semaines. Des textes en espagnol, certains en français, d'autres en anglais, une musique profondément mélancolique qui cadre parfaitement avec mon état d'esprit ce soir...

Mélancolique car j'ai l'impression de revivre ce que j'ai vécu il y a quelques années et de "plafonniser" à nouveau...

 

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par Gorgonzolla publié dans : Un peu de fromage? commentaires (1)    ajouter un commentaire
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Samedi 7 octobre 2006

Et une maison Phénix pour la Souris, une! 

Effectivement,  cela fait maintenant un peu plus d'un mois qu'une troisième demoiselle trouble mes pensées... Je suis inquiet car j'ai l'impression d'avoir trop facilement tourné la page sur l'histoire précédente... C'est étrange car cela ne me ressemble pas vraiment. Du coup, je me pose tout un tas de questions...

A côté de toutes ces interrogations, la personne qui occupe aujourd'hui mes pensées est une fille gentille, charmante, pleine de tact et de délicatesse. Je n'arrive pas encore à définir ce qui me fait craquer en elle? Est-ce ce mélange subtil entre timidité et force de caractère qui m'attire vers elle? Est ce son regard pétillant ou son sourire désarmant? Est-ce sa voix jeune et pleine de douceur?

C'est une nouvelle collégue de travail (décidément, l'environnement professionel est un véritable lieu de rencontres!) qui est arrivée pendant l'été dernier. On s'est tout de suite très bien entendu et sans m'en apercevoir, je me suis laissé entraîner dans le jeu...

Sans vraiment m'en rendre compte, j'en suis arrivé par exemple à rallonger mon trajet de 15mn, pour le faire avec elle. On discute alors de tout et de rien, et c'est toujours quand on doit se séparer qu'on a encore un truc super important à se dire...

De temps en temps, (mais c'est de plus en plus fréquent maintenant), je lui céde l'amandine chocolatée qui accompagne le café du midi... (Alors que vous conviendrez avec moi que dans le café, ce qu'il y a de meilleur, c'est la petite douceur chocolatée qui l'accompagne!)  Je la lui céde,  peut-être par courtoisie car elle nous accompagne au café alors qu'elle n'en prend pas, mais peut-être aussi parce qu' à chaque fois, elle me remercie en me faisant un magnifique sourire qui me fait fondre et illumine le reste de ma journée...

Avec deux ou trois autres collégues, on fait toutes nos pauses ensemble, on déjeune tout le temps  ensemble... La plupart du temps, on quitte le bureau  ensemble..

Je me suis laissé entraîner dans le jeu jusqu'au moment où une de nos collégues m'apprend que la demoiselle a déjà un copain. Ils n'habitent pas ensemble puisqu'elle vient de terminer son école et est encore chez ses parents. J'ai cherché à comprendre pourquoi elle ne m'avait pas parlé de son copain et ai finalement retenu trois explications plausibles:

Explication n°1: A 25 ans, une jeune fille a certainement du mal à parler de son copain au boulot. Surtout si elle vient de commencer à travailler...

Explication n°2: La demoiselle s'est aperçue que je l'aimais bien, et par tact ne veut pas me blesser en me parlant de son copain.

Explication n°3: Elle est à des milliers de km de penser que je l'aime bien et du coup, n'a même pas pensé à dire qu'elle était déjà avec quelqu'un...

C'est ça le gros problème de ma vie... Il y a toujours un truc qui coince quelque part... Cette histoire qui s'annonçait super bien, c'était trop beau pour être vrai...  Du coup, ne sachant plus trop comment me comporter, j'ai décidé de...  ne rien changer à mon comportement, ni dans un sens, ni dans l'autre...

Je me demande si c'est vraiment la bonne attitude à adopter. Mais quel autre choix puis je bien avoir? Me montrer distant sans lui expliquer pourquoi? En parler avec elle et risquer de casser quelque chose dans notre amitié?

Vos avis et commentaires sont les bienvenus... (Vous avez aussi le droit de me lapider pour ma lâcheté et ma faiblesse...)

 

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par Gorgonzolla publié dans : Un peu de fromage? commentaires (8)    ajouter un commentaire
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Vendredi 6 octobre 2006

Bon, il faut pourtant que j'écrive la suite de l'épisode précédent... Que vais-je bien pouvoir écrire ce soir?

J'avais une fois répondu à un des commentaires en disant qu'il me devenait de plus en plus difficile d'écrire la suite des aventures du Coeur d'artichaut... En fait, vous vous en doutez certainement, on  s'approche de plus en plus du présent...  Du coup,  j'ai l'impression de manquer singulièrement de recul.  Comme moi, vous avez sans doute du trouver les derniers épisodes un peu fades et sans beaucoup de saveur... Je pense qu'il serait dommage de continuer aujourd'hui à publier la suite... C'est encore trop frais...

Il reste pourtant plein de choses à raconter: le deuxième WE à la montagne avec la Miss, son pot de départ quelques mois plus tard,  l'au revoir un peu spécial que je lui ai fait à cette occasion, sa gentille réponse qui m'a finalement prouvé que je ne m'étais pas trompé sur sa véritable personnalité et que c'est vraiment une chic fille.... Une fille un peu grande gueule,  très franche et très directe  mais aussi, une fille authentique, fragile et un peu timide finalement...

Mais bon, pour l'instant, je préfére garder tout ça pour moi, le temps de bien analyser tout ça...

Vous qui étiez venus ici chercher la suite de l'histoire, je ne veux pas non plus vous laisser repartir sans rien....

Aussi, je rappelle que le premier épisode commençait par ces quelques lignes:

"Je pensais bien me connaître mais je découvre que je suis en train de changer et je dois avouer qu'à ce stade de la transformation, ça m'effraye un petit peu quand même...

Bon, je rassure tout de suite les personnes assises au fond de la classe et qui sont en train de se marrer, non, je ne me transforme pas encore en géant vert en arrachant ma chemise et en criant "Huûûûûlkkkk" !

Je parlais en fait d'un changement plus profond, au niveau de ma personnalité...

Dans certains contes, les carrosses se transforment en citrouille. Et bien moi, je suis en train de me transformer en... coeur d'artichaut... "

Je vous laisse imaginer ce qu'il est en train de m'arriver.... (Une maison Phénix, à celui qui trouvera...)

 

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par Gorgonzolla publié dans : Un peu de fromage? commentaires (1)    ajouter un commentaire
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Lundi 2 octobre 2006

Plusieurs semaines s'étaient écoulées depuis le lapidaire  "Voilà, comme cela, tout est plus clair (!)"...  Il ne comprenait toujours pas comment il avait pu ainsi se tromper... Comment avait-il donc fait pour croire qu'elle pouvait s'intéresser à lui comme lui, il s'intéressait à elle? Quand même étrange, cette histoire... Comment fait-on pour voir tous les feux au vert alors qu'ils sont tous rouge vif?

Un peu désorienté, il s'interrogea sur sa perception des choses en matière de relations humaines... Peut-être que finalement, il n'était pas si fin observateur qu'il ne le pensait... Habitué à cacher ses émotions, il s'efforça alors de garder une attitude strictement professionnelle avec sa collègue, entretenant avec elle une relation cordiale et agréable, empreinte de respect mutuel.

Le temps aidant, la complicité revint petit à petit. A ceci près qu'ils ne parlaient plus jamais entre eux de choses personnelles et évitaient de se retrouver seuls.

Il avait l'étrange impression qu'elle regrettait d'avoir été aussi directe avec lui.

Aux pauses café, les regards revinrent rapidement...  Mais chat échaudé craint l'eau froide... et systématiquement, il ne pouvait s'empêcher de détourner son regard du sien, troublé par ce dangereux magnétisme qu'il ressentait en elle.

S'installa alors progressivement une ambiance assez étrange. Ce fut la période où elle ne vint plus lui dire bonjour le matin, où elle fuyait les déjeuners d'équipe prétextant un déjeuner à l'extérieur avec des amis, des courses à faire, une lettre à poster... Elle finit par bouder par la même occasion les sacro-saintes pauses café... Sans pouvoir en être sûr, il avait l'impression qu'elle le fuyait...

Les saisons défilèrent sans que rien ne vint pertuber cette situation de statu quo...

Une année s'était écoulée. L'appel de la neige retentit à nouveau. Avec ses amis, il se réinscrivit à la compétition de l'an passé, avec la ferme intention d'améliorer les performances... Il s'était remis à courir pour améliorer son souffle et espérait que cela lui permettrait de mieux respirer à 3500m d'altitude...

Elle s'inscrivit aussi.

[La suite au prochain numéro]

 

 

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Jeudi 28 septembre 2006

Comme dans les meilleures telenovelas, je vous propose de participer ce soir au grand jeu concours qui vous permettra de tester votre perspicacité et de gagner toute mon estime, à défaut de vous faire gagner la maison Phénix de vos rêves ou de vous expédier à Djerba, sur les plages les plus ensoleillées de la planète...

Faisons un petit flashback dans le temps et positionnons nous entre la fin de l'épisode 2 et le début de l'épisode 3 des aventures du Coeur d'Artichaut

Résumé de l'épisode précédent:

Le Coeur d'Artichaut est en train de terminer tant bien que mal ses études... Il n'a pas totalement perdu son temps puisqu'il a rencontré sur le campus une jeune fille sympa et réservée dont il tombe progressivement amoureux...

La cristallisation est lente et pendant deux années, notre jeune homme reste un admirateur secret. Il se décide finalement à sortir de l'ombre et à se déclarer à elle... Mais la vie serait trop simple si tout se passait sans encombre et notre jeune homme se mange son premier râteau à 5 dents...

Le temps passe, mais il ne peut s'empêcher de continuer de penser à elle. La fin de l'année approche et qui dit "fin d'année" dit "nouvelle année" et il se décide à lui envoyer une petite carte à cette occasion.

Dure épreuve que la recherche de la carte... Son choix se porte sur  les fameuses "mains" du plafond de la Chapelle Sixtine, celles-là même que vous pouvez voir sur la bannière du blog.  (Les curieux qui se posaient des questions à ce sujet connaissent maintenant l'origine profonde de la bannière)

Au dos de la carte, voici ce qu'il écrivit de sa plus belle plume...

Grand jeu concours: Quel est pour vous le sens de ce message?

Question subsidaire: Que représente pour vous l'image des "mains"?

 

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Mercredi 27 septembre 2006

"Voilà, comme cela, tout est plus clair (!)"

Il lut et relut cette dernière phrase à plusieurs reprises... Un peu comme on relit à haute voix une énigme pour bien s'en imprégner ... Il y avait peut-être des subtilités cachées dans l'énoncé...  Il eut beau chercher, il n'en trouva pas... Construction grammaticale simple, syntaxe élémentaire, tournure directe, vocabulaire courant ... Pas d'ambiguité possible, cette phrase était bien moins sibylline qu'elle ne le paraissait... D'ailleurs, le point d'exclamation semblait même vouloir en rajouter... "Tout est plus clair, au cas où cela ne l'était pas avant, pauvre pomme..." 

Il eut alors l'impression de tomber du haut d'un immeuble de plusieurs étages... Le genre de chute qu'on vit  souvent mentalement lorsqu'on rêve, vous savez, cette chute vertigineuse et sans fin qui vous coupe le souffle et vous réveille en sursaut...

Un quart d'heure plus tard, il rassembla ses affaires et rentra chez lui, la tête pleine de questions métaphysiques... Une fois de plus, il s'était fourvoyé, voyant des signes là où il n'y en avait pas, vivant une histoire qu'il s'était inventée tout seul... Que la réalité est dure parfois...

Le week-end fut long et plein d'interrogations...

Lundi matin, il répondit à son mail... Il s'excusa d'abord de sa maladresse. (Une pomme, hélas, ce n'est jamais très malin...)  Il lui expliqua ensuite qu'il avait simplement l'intention d'éclaircir cette situation de non-dit qu'il sentait exister entre eux, qu'il ne mettait pas de barrière entre sphère professionnelle et sphère personnelle car les collègues pouvaient devenir des amis, l'inverse étant d'ailleurs possible aussi. Il termina en regrettant qu'elle ne le considére qu'en tant que collègue car lui, l'appréciait bien davantage.

Les semaines suivantes furent très étranges... Des efforts furent faits des deux côtés... Il cherchait à dédramatiser la situation, pour permettre de rétablir entre eux des relations saines et  voyait bien qu'elle, aussi, de son côté, essayait  de se comporter avec lui comme si rien ne s'était passé...

Le respect mutuel se réinstalla rapidement entre eux...

 

[La suite, au prochain épisode]

 

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Dimanche 24 septembre 2006

Hier matin, je suis allé courir... Je n'étais pas plus motivé que cela mais j'y suis quand même allé... Juste comme ça... Pour me ressourcer, pour me changer les idées... 

Après une semaine si difficile et tant chargée en émotions, ces quarante cinq minutes  passées à respirer l'air frais des sous-bois,  loin des pollutions en tout genre, ont  été très agréables...

La course d'endurance a ce petit quelque chose qui vous donne l'impression de ne pas totalement subir les choses... Avec un peu d'entraînement, vous arrivez facilement à adapter votre allure et à maîtriser votre rythme cardiaque. Cela a un petit côté rassurant, de voir que l'on arrive à contrôler les pulsations de cet organe sensé être le siège de la vie, des passions et sentiments en tout genres... Cela rassure de voir que l'on parvient à maîtriser ce petit muscle qui systématiquement s'emballe de façon effrayante en cas d'émotion trop forte... L'air de rien, vous vous sentez un peu moins faible...

En courant, vous avez surtout l'impression de garder le contrôle... Car vous pouvez décider du moment ou du lieu où vous allez vous arrêter de courir...  Et lorsque  votre volonté vous permet de continuer 1km supplémentaire alors que vos jambes ne cessent depuis un moment de vous répéter qu'elles n'en peuvent plus, étrangement, vous vous sentez un peu moins impuissant face aux choses de la vie...

En courant hier, j'écoutais de la musique... Le tube de Freddie Mercury est passé deux fois...

"Show must go on.."

Sans doute un signe que tu m'envoies...

 

 

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Dimanche 17 septembre 2006

Il y a quelque temps, je n'aurais jamais pensé me dévoiler autant sur ce blog... Aujourd'hui, je réalise que j'y livre des pensées  jamais révélées à personne  et que j'y dévoile sans fausse pudeur certains aspects cachés de ma personnalité. Je réalise aussi que le lecteur attentif peut en connaître davantage sur ma personnalité que mes amis les plus proches...

Au fur et à mesure de l'écriture de ce blog, je me suis aperçu que mettre des mots sur un souvenir douloureux, une peine sentimentale, une blessure morale avait quelque chose de très apaisant et qu'une fois cet exercice effectué, on en ressortait toujours soulagé...

C'est animé de cet espoir  que je souhaite vous parler de la très grande peine qui m'envahit aujourd'hui...

Aujoud'hui, ma petite soeur est partie... Elle avait 17 ans... (17 ans et demi, aurait-elle certainement rectifié)... Elle avait la fraîcheur de l'adolescence, la naïveté et l' innocence de l'enfance et je ne peux à présent penser à elle sans que mes yeux se brouillent de larmes...

Avec quinze années de plus au compteur, j'étais son grand frère, celui qui couvrait ses bêtises de petite fille, celui qui la taquinait, celui qui l'embêtait en lui faisant la morale, celui qui l'aidait à faire ses devoirs, celui qui la rassurait et la conseillait, celui qui essayait de passer du temps avec elle... Aujourd'hui, je regrette surtout de n'avoir pas pu en passer davantage. Je lui ai appris à faire du vélo (dure épreuve que de tenir sur deux roues...), on a skié ensemble (pas simple non plus le chasse neige...), on allait nager ensemble (... faire la grenouille, ça, par contre, elle savait bien faire), je connaissais le nom de toutes ses amies, ainsi que celui des chipies du lycée qui se prenaient pour les "Spices Girls", nous avons voyagé ensemble... Les Etats-Unis, la Grèce, l'Espagne et plus récemment, l'Asie... 

Aujourd'hui,  a posteriori, je me rends compte qu'elle devait sentir quelque chose car étrangement, ces derniers temps, elle n'arrêtait pas de me dire: "La semaine prochaine, on fait ceci... ou on peut même le faire plus tôt... Comme ça, on aura du temps pour faire cela"... C'était une fillette qui avait une joie de vivre incroyable...

Elle est passée comme une étoile filante dans ma vie... Son sourire espiègle, son rire généreux, sa gentillesse naturelle et parfois, son mauvais caractère resteront gravés à jamais dans ma mémoire... Ma petite soeur n'était pas téméraire, mais c'était quelqu'un de très courageux et de persévérant, quelqu'un d'attentionné et de très attachant...

En seize années, elle n'avait fait qu'une seule crise epileptique... L'année dernière, elle en avait fait deux et suivait un traitement...  Personne ne s'en inquiétait outre mesure...

Hier soir, une crise l'a emportée pendant son sommeil...

Soeurette, je pense très fort à toi et je ne t'oublierai jamais...

 

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Dimanche 17 septembre 2006

Lundi matin... Retour au bureau après un week-end sportif... Il avait encore des images de ciel bleu et de cimes enneigées plein la tête. Une agréable sensation de légéreté l'animait... Il entendait encore la neige crisser sous les skis. Vous savez? Ce léger bruit ouaté et si caractéristique des skis s'enfonçant dans la poudreuse...

La télécabine s'arrêta. Il en sortit et se dirigea vers les pistes son bureau.

Ils se croisèrent dans l'openspace et se dirent bonjour.... Etrangement , quelque chose avait changé dans sa voix.  Ou peut-être était ce dans son regard? Une espèce d'onde négative, quelque chose d'indéfinissable, une certaine distance... Il mit cela sur le compte du boulot... La pauvre, sans doute un nouveau problème qui lui tombait dessus comme cela arrive souvent les lundis matins, lorsqu'on revient de week-end... Il n'y attacha pas plus d'importance et la matinée se passa comme un lundi matin ordinaire.

Mais au déjeuner et durant les pauses de café en équipe , il eut la nette impression qu'elle l'évitait... Ils n'avaient pas reparlé de ce week-end mais le jeune homme sentait bien qu'il y avait un rapport avec son comportement distant... Il aurait aimé pouvoir lui en parler seul à seul, à l'abri des oreilles indiscrétes des collégues, mais elle le fuyait...

Elle avait remonté son armure jusqu'au cou et il ne savait pas comment l'aborder. Il la regardait souvent, cherchant à accrocher son regard pour y lire une explication ou pour y déceler un indice... Elle ne le regardait plus...

Il cherchait à comprendre son comportement. Etait-ce à cause de quelque chose qu'il avait fait? Ou peut-être à cause de quelque chose qu'il n'avait pas fait? Il ne comprenait pas et cela le rendait malheureux. Il fallait qu'elle lui explique...

La semaine s'écoula. Vendredi soir, n'y tenant plus, il lui envoya un mail pour lui proposer de dîner ensemble. Si elle n'avait rien de déjà prévu, serait-elle tentée par un sympathique resto?

La réponse ne se fit pas attendre...

"Non"

Dans son mail, elle expliqua pourquoi.. 

Elle l'appréciait en tant que collégue, appréciait leurs relations professionnelles, cordiales et constructives, mais ne souhaitait pas qu'ils se voient en dehors de cette sphère professionnelle où elle estimait passer déjà trop de temps. Elle ne souhaitait pas mêler sphère privée et sphère professionnelle, ce qui expliquait pourquoi elle avait décliné ses précédentes invitations et pourquoi elle n'avait pas cherché à les voir, ses amis et lui,  pendant le précédent week-end...

"Voilà, comme cela, tout est plus clair (!)" terminait-elle.

Sauf que pour lui, justement, rien ne l'était...

 

 [La suite au prochain épisode]

 

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Samedi 16 septembre 2006

La compétition avait lieu fin mars... Un vendredi exactement... Accompagné de deux de ses amis, il était descendu un jour à l'avance, histoire de reconnaître un peu le terrain et de reprendre un peu contact avec la neige avant la course.

Elle, était déjà sur place, hébergée dans la vallée par des amis...

Le soir précédent la course, les organisateurs rassemblèrent tous les participants sous un chapiteau pour un court briefing d'une heure, afin de rappeler les points essentiels du réglement de la compétition, d' insister sur les régles de sécurité à respecter, et de donner quelques recommandations sur les parcours du lendemain... Tout en écoutant, il scrutait la foule, et la cherchait du regard. Il ne la voyait pas.  Etait-elle là?

Avec ses amis, ils allèrent dîner... Durant le dîner, il fut absorbé dans ses pensées... Où était-elle? Que faisait-elle? Il aurait fallu l'appeler, mais pour d'étranges raisons, il n'osait le faire...

De retour au refuge, il consulta sa messagerie vocale. Elle l'avait appelé. Elle lui disait qu'elle l'avait aperçu sous le chapiteau mais l'avait ensuite perdu de vue. Elle lui souhaitait  bonne chance pour le lendemain et lui donnait rendez vous sur la ligne d'arrivée...

Le lendemain, dès l'aube, les participants dévalèrent la pente par vagues de dix... Une vague toutes les 60 secondes... Il faisait partie des premières vagues, elle de celles du milieu.... Ils se retrouvèrent sur la ligne d'arrivée, attendant que leurs amis respectifs la franchissent à leur tour...

Ils s'étaient assis dans la neige, au soleil, côte à côte, sur un talus surplombant la ligne d'arrivée... De là, ils pouvaient commenter les arrivées des participants... Ils papotaient ensemble... Elle, volubile, lui, attentif à ses paroles...  Il réalisa que c'était la première fois qu'il la voyait en dehors du contexe professionnel, qu'il ne s'était pas vraiment posé de questions sur la manière dont allait se dérouler la suite des événements et que pour le coup, cela allait être de l'improvisation totale... Mais le courant passait bien, c'était là l'essentiel.

Ses amis à elle  lui faisaient de loin un coucou de la main  mais étrangement, aucun n'était monté sur le talus la voir... Pour ne pas déranger sans doute... Il en éprouva un peu de gêne..

La compétition achevée, ils repartirent, se proposèrent de skier ensemble, mais se perdirent de vue dans la cohue des participants, des pisteurs, des organisateurs et des spectateurs... Ils skièrent chacun de leur côté le reste de l'après-midi...

La remise des trophées eut lieu le soir même, sous le chapiteau... Pas moyen de la trouver... Mais ce coup-ci, il n'avait aucun moyen pour la joindre... Son téléphone était déchargé et sans le chargeur avec la prise spéciale qui va bien, (chargeur qui devait dormir sur sa table de chevet à Paris), le concentré de technologie qu'il tenait dans sa main lui était à peu près aussi utile qu'un simple bout de plastique...

Il la chercha partout, mais au milieu de tant de monde, Mr Loser Guy dut se résigner, la chance n'était décidément pas de son côté...

Le lendemain matin, il reprit la route pour Paris avec ses amis.

 

[La suite, au prochain numéro...]

 

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Jeudi 14 septembre 2006

Notre jeune homme était rentré dans une phase de questionnement... Pour lui, c'était clair, elle avait très certainement compris l'intérêt qu'il lui portait... Elle semblait même plutôt réceptive... Mais alors, pourquoi  subsistait-il  une telle ambiguité entre eux deux?

Il analysa longuement la situation... Ils semblaient pourtant bien s'entendre tous les deux...  Mais elle, craintive,  faisait systématiquement un pas en arrière chaque fois qu'il en faisait un dans sa direction... Pourquoi tant de méfiance?  A force d'y penser, l'allégorie de la biche lui revint à l'esprit... Il décida de laisser les choses suivre leur cours, et de ne plus bouger tant qu'il n'aurait pas compris ce qui était arrivé à cette jeune femme , et ce qui avait bien pu la meurtrir pour la rendre si méfiante...

Ils se respectaient l'un l'autre et  continuaient à discuter ensemble pendant les pauses café, de tout et de rien, comme pourraient le faire de simples collégues... Paradoxalement, il eut l'impression que mettre ainsi de la distance dans leur relation et tenter de la rendre plus "professionnelle",  ne faisait que la rendre plus étrange et plus ambigue encore...

La saison s'y prêtait, un jour, ils en arrivèrent à parler de sports d'hiver... Elle apprit qu'il skiait, il la savait déjà bonne skieuse... Elle s'était inscrite à une compétition de ski qui aurait lieu à la fin du mois, un "truc de malades", une course de "passionnés du hors piste"..  Il aimait bien le hors piste...

Quelques jours plus tard, il eut la surprise de trouver dans sa boîte mail des photos de la dernière course....  Elle avait ajouté des commentaires rigolos, ainsi qu'une photo d'elle sur des skis...

Il eut envie de tâter le terrain, lui demandant si elle pensait qu'il aurait le niveau, si cela valait le coup de tenter une inscription...  Avec des amis, ils avaient décidé d'aller skier de ce côté là des Alpes vers cette période... Pourquoi pas participer à la compétition, comme ça,  juste pour voir?

Elle l'encouragea à s'inscrire (...ce qu'il fit immédiatement...)  et lui dit qu'elle serait sur place, avec des amis aussi...

 

[La suite très bientôt]

 

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Jeudi 7 septembre 2006

Les mois passèrent. Les choses n'avaient pas vraiment évolué entre eux. Ou plutôt, elles avaient évolué vers une situation de statu quo où elles ne pouvaient plus évoluer... Le jeune homme y réfléchissait souvent ... Elle avait certainement compris qu'il s'intéressait à elle, mais pour une raison ou une autre, ne souhaitait pas avancer sur ce terrain... Pourquoi?

Etait-ce parce qu'ils étaient collègues? Jusque là, il n'y avait pas vraiment réfléchi mais il comprenait la difficulté des relations naissant dans un milieu aussi particulier que le monde du travail, où chacun est à la recherche de l'information croustillante qui lui permettra de se rendre intéressant  tout à l'heure à la cantine... Le monde du travail... Un monde où pour rompre la monotonie, les gens sont à l'affût  des couples se formant, s'amusant lors des pauses café à disséquer impitoyablement  les moindres tentatives de rapprochement...  Ce n'était certainement pas si facile à assumer... Enfant, il adorait jouer avec le feu et notre pyromane en herbe en avait retenu un enseignement essentiel: trop de vent éteint l'allumette... 

Mais était-ce la seule raison? En effet, il avait l'impression que l'intérêt qu'il lui portait était partagé... Les attitudes, les regards, les gestes, les comportements, tout semblait montrer qu'ils n'étaient pas indifférents l'un à l'autre.. Et s'il s'était trompé? Quand on cristallise, on a toujours une fâcheuse tendance à toujours tout interpréter dans le même sens et on a du mal à rester objectif... Il en avait fait la douloureuse expérience il y a quelques années, à l'époque où il était encore étudiant...

D'ailleurs, peut-être qu'elle aussi avait eu une précédente expérience douloureuse dont elle ne s'était pas encore totalement remise? Car on ne nait pas ainsi avec une telle carapace et elle cachait certainement des blessures pas encore complétement cicatrisées... Pour l'avoir vécu, il savait que dans une telle situation, seul le temps pouvait soigner...

Cela tombait bien, du temps, il en avait...

Il attendit...

 

[La suite, dès que j'ai un moment...]

 

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Mercredi 6 septembre 2006

Une fois rentré chez lui, les pensées se bousculèrent dans son esprit. Troublé par l' épisode des "mains", il la sentait encore se blottir tout doucement contre lui sous son parapluie et se voyait encore ne plus oser respirer...  Cela le fit penser à une chanson de Brassens... Il rechercha le CD et l'écouta...

"Un p'tit coin d'parapluie
Contre un coin d'paradis
Elle avait quelque chos' d'un ange
Un p'tit coin d'paradis
Contre un coin d'parapluie
Je n'perdais pas au chang', pardi

Chemin faisant, que ce fut tendre
D'ouïr à deux le chant joli
Que l'eau du ciel faisait entendre
Sur le toit de mon parapluie
J'aurais voulu, comme au déluge
Voir sans arrêt tomber la pluie
Pour la garder, sous mon refuge
Quarante jours, quarante nuits"

Il réalisa qu'il se sentait vraiment bien avec elle et avait l'impression que ce sentiment était réciproque... Mais pour en être sûr, il lui fallait se découvrir et s'exposer... Se décider à lui parler...

Quand? Pourquoi pas samedi prochain, par exemple... Ou? Quelque part sur Paris, autour d'une tasse de thé ou d'un chocolat chaud par exemple, ça pourrait être une bonne idée, non?

Maintenant que les objectifs avaient été fixés, il ne restait plus qu'à passer à l'étape "réalisation"...

Faire les choses dans l'ordre... D'abord lui passer un coup de fil pour le lui proposer...  Cela avait l'air simple, mais notre jeune homme était bien trop honnête pour pouvoir inviter "l'air de rien" une jeune fille à prendre un café alors que l'invitation était tout sauf une invitation "l'air de rien"... 

Il fit plusieurs fois le tour de la place des Vosges pour surmonter ses scrupules, chasser l'appréhension, et surtout, se donner le courage de l'appeler. Une fois en condition, il composa son numéro mais tomba directement sur sa boîte vocale. Il y déposa alors un message lui proposant de prendre un café quelque part sur Paris, en fin d'après midi...

Un quart d'heure plus tard, elle lui envoyait un texto, le remerciant pour sa proposition, lui  expliquant que cela n'était pas possible car elle était actuellement avec ses soeurs.

Décidément,  il jouait de malchance.

Superstitieux, le jeune homme se dit que c'était un signe, que ce n'était peut-être pas le bon moment et qu'il valait peut-être mieux ne pas forcer le destin...

[ La suite, très bientôt...]

 

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Mardi 5 septembre 2006

Il la savait forte et intelligente, il la découvrait pudique,  sensible et courageuse, ce qui lui lui donna envie de mieux la connaître encore...  On était au début du mois d'Avril, les beaux jours étaient enfin de retour. Il avait prévu de paresser samedi après-midi dans les jardins du Luxembourg et lui proposa de venir profiter avec lui des premiers rayons du soleil printanier.

Dans un texto, elle lui répondit qu'elle n'était malheureusement pas sur Paris ce week-end... Effectivement, elle le lui avait dit, mais il ne s'en souvint qu'à ce moment là...

Ce rendez-vous manqué fut pour lui l'occasion de réfléchir. Durant la crapuleuse sieste qu'il fit dans les jardins du Sénat, il pensa à elle.  Il réalisa qu'il commençait à vraiment bien l'apprécier et qu'il aimait passer du temps à discuter en sa compagnie... Il réalisa aussi qu'il la voyait davantage en amie qu'en collègue...

Les semaines et les mois passèrent...  A la cotoyer quotidiennement, il apprit à mieux la connaître... Cela n'a l'air de rien, mais les pauses café et celles du déjeuner permettent vraiment de discuter de tout et de rien...

L'été, l'automne défilèrent sans qu'il n'obtienne aucune pièce supplémentaire au puzzle qu'il avait entrepris de résoudre...

Arriva alors le mois de Décembre.

Il est 19 heures. Dehors, la nuit est tombée, il neige à gros flocons.  La lumière blafarde des lampadaires éclaire doucement la rue qui s'est transformée en patinoire géante...  Notre jeune homme est sur le point de quitter le bureau lorsqu'elle le croise dans le couloir. 

- "Viens avec nous, il y a [XXX]  qui est de passage on va aller prendre un verre au café d'à côté. Les autres sont déjà là-bas! " lui dit-elle au passage.

- "Très bonne idée" aquiesça-t-il

Elle mit son bonnet de skieuse, en s'excusant presque... "C'est pas très sexy mais au moins, comme ça, j'ai pas froid à la tête"... Ils se dirigérent vers le troquet...

La neige continuait de tomber. Sur le trajet, il essaya de la protéger du mieux possible avec son parapluie. Elle le remercia pour cette  délicate attention. Ils continuèrent à marcher avec précautions. De temps en temps, elle s'aggripait à son bras pour ne pas glisser.

Ces quelques minutes de trajet furent assez étranges... Elle semblait se blottir contre lui. Leurs mains se frôlaient... Ils ne parlaient pas beaucoup mais les gestes mieux que le langage étaient chargés de signification... Un peu comme dans les Poupées Russes, dans la scène des mains qui se parlent ... Vous savez?  Cette scène très poétique (et si vraie) où Neus et Xavier se prennent la main pour la première fois...

Après le pot, il la raccompagna jusqu'à sa station de métro...

 

[ La suite au prochain épisode... ]

 

 

 

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Lundi 4 septembre 2006

Le souvenir de sa dernière expérience sentimentale commençait lentement à s'étioler et ces images auparavant si présentes dans son esprit s'estompaient au fil du temps.

Notre jeune homme se plaisait dans son nouvel environnement professionnel. Le travail et les nouvelles responsabilités qui lui avaient été confiées le captivaient.  Mais bien plus stimulant encore, il y avait cette jeune femme au regard si intense qui semblait s'intéresser à lui et dont la personnalité ambivalente l'intriguait...  

Elle apparaissait aux yeux de tout ses collègues comme quelqu'un de franc, direct, possédant une très forte personnalité.

A force de l'observer, lui, par contre, sentait qu'il y avait certainement autre chose derrière ce caractère si affirmé...

"Voir un monde dans un grain de sable" disait William Blake...

Cela faisait maintenant trois mois que sa nouvelle mission avait commencé. Un soir, alors qu'il s'apprêtait à quitter le bureau déjà déserté par tous leurs autres collègues, il s'arrêta devant son openspace pour lui dire au revoir. Ils engagérent alors la conversation: échange  de banalités au départ, s'ensuivirent deux ou trois plaisanteries, puis quelques médisances sur les dernières décisions prises par "les chefs"... Bref,  tout ce que peuvent classiquement se dire des collègues sur le point de rentrer chez eux...

Curieusement, il sentait qu'elle avait envie de parler à quelqu'un. Personne ne l'attendait chez lui, il reposa son cartable par terre....  Ils parlèrent des amis qu'ils avaient en commun... (Et oui, deux promotions d'intervalle, ça fait quand même un paquet de connaissances communes...)  Il lui posa alors des questions sur son parcours... Qu'avait elle fait avant? Où était-elle allée? Que voulait-elle faire?  Elle lui parla alors de son expérience à l'étranger, de ses missions dans les pays de l'Est, du sentiment d'éloignement et d'isolement qu'elle avait alors éprouvé, elle, toute jeune diplômée parachutée au mileu de nulle part...

La conversation prit progressivement une tournure plus personnelle... Il l'écoutait attentivement...  Elle, continuait de parler comme si elle avait été bâillonnée durant les cinq dernières années et venait de recouvrer la parole... Elle parlait, rebondissant de sujet en sujet... Lui, écoutait.

L'ambiance  tamisée des openspaces déserts se prêtant aux confidences, de fil en aiguille, elle en vint alors à lui parler  de sa Savoie natale, de sa famille, de ses soeurs. Elle lui parla de sa maman qu'elle avait perdue il y a quelques années... Elle en parla avec tant de pudeur qu'il en fut gêné. Surpris, il ne s'attendait pas à ce qu'elle s'ouvre autant à lui...  Ils discutèrent quelques instants encore, puis il reprit son cartable, lui souhaita une bonne soirée et rentra chez lui.

Tout au long du trajet du retour, il ne put s'empêcher de repenser à ce qu'il venait de vivre... Assurément, cette fille avait du chien... L'espace d'un instant, il avait entraperçu en elle cette fragilité cachée qu'il soupçonnait...  Elle avait de la personnalité et du caractère, ça, c'était sûr... Mais par dessus tout, il la trouvait sensible et terriblement courageuse... Le grain de sable avait encore dit vrai...

Le samedi suivant, il l'invita à venir profiter avec lui d'un brin de soleil dans les jardins du Luxembourg...

 

[La suite demain, si vous le voulez bien...]

 

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Samedi 2 septembre 2006

Dans l'épisode précédent , nous avions évoqué cette longue phase de cicatrisation durant laquelle les esprits torturés cherchent  toujours à comprendre, se posant tout un tas de questions sans jamais en trouver les réponses...

Pendant  cette période, notre jeune homme vécut complétement dans le passé, se nourrissant de souvenirs, se remémorant avec nostalgie les moments passés  sur le campus à cristalliser  lentement. Curieusement, ces instants de restrospection l'apaisaient..

Parfois, il regrettait , se demandant s'il n'avait pas rêvé cette complicité naissante entre Elle et lui... Réalité ou fantasme?   Qu'est ce qui avait bien pu le pousser à se jeter ainsi à l'eau? Pourquoi s'était-il ainsi dévoilé? Pourquoi avait-il précipité aussi brusquement les choses, gâchant ainsi à coup sûr une amitié qui aurait pu naître lentement entre eux?

Une demoiselle timide, c'est un peu comme une biche qu'on aperçoit de loin à l'orée du bois. Si on la regarde les yeux dans les yeux, on peut s'en approcher lentement, pas après pas, mais attention, un geste trop brusque ou un faux mouvement, et vous ne verrez plus qu'une silhouette apeurée s'enfuir et détaler au fin fond de la forêt, et plus jamais vous ne la rattraperez...

Cette phase introspective fut longue et ne se termina vraiment que lorsqu'il apprit qu'Elle allait vivre une nouvelle étape de sa vie et devenir maman... Il réalisa alors qu'il lui fallait arrêter de penser à elle. Ce qu'il s'efforça de faire... Il se consacra alors à son travail et à ses amis. Ces derniers étaient loin de se douter ce qu'il traversait car quand on a l'habitude de ne pas parler de certains aspects de sa vie, il est assez facile de ne rien laisser paraître et de garder les blessures secrètes bien enfouies au fond de soi...

Le temps passa. Côté boulot, les missions s'enchaînaient. Différentes à chaque fois, et toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Se plonger dans le travail lui permettait surtout d'occulter cet autre aspect de sa vie qu'il avait volontairement décidé de mettre entre parenthèses.

Mais comme le disait un certaint Forrest Gump, "Life is like a box of chocolates... You never know what you're gonna get".

Nous sommes en 2004...  Notre jeune homme vient de débarquer dans un nouveau service. Une ambiance sympathique, de nouvelles têtes, de nouvelles personnalités à découvrir, notamment cette jeune fille qui le regarde souvent étrangement et qui semble aimer discuter avec lui. Ils s'aperçoivent qu' ils sont en fait sortis de la même école à plusieurs promotions d'intervalles, qu'ils connaissent donc les mêmes profs et sont passés par les mêmes galères... Etrangement, cela crée tout de suite un lien de sympathie. Elle lui pose plein de questions.

De son côté, notre jeune homme cherche à mieux connaître Miss Curieuse.  Un caractère très fort, une personnalité authentique, quelqu'un de très dynamique... Une jeune femme féminine, élégante et soignée...

Mais dans une personnalité, le plus intéressant à voir, c'est justement ce qui ne se voit pas, notamment quand c'est quelque chose de caché... 

A force de l'observer, le jeune homme avait décelé à plusieurs reprises des indices lui indiquant que Miss Curieuse n'était pas en fait l'extravertie qu'elle donnait l'impression d'être... ll avait le sentiment que ce personnage si haut en couleurs cachait en fait une certaine fragilité et un brin de timidité... Et cela l'intriguait au plus haut point...

 

[La suite demain, comme d'habitude...]

 

 

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Samedi 2 septembre 2006

A la fin de l'épisode précédent , nous nous étions quittés en laissant notre jeune homme dans la salle des casiers... 

Cela faisait plusieurs jours qu'il y réfléchissait. Elle, partait faire sa dernière année en Espagne. Lui, allait partir six mois en stage au sein de la Silicon Valley... Il risquait de ne plus la revoir et c'est ainsi que l'idée de lui offrir un cadeau germa dans son esprit... Un petit cadeau d'au revoir, quelque chose juste pour lui dire qu'elle était spéciale à ses yeux...  Un souvenir au cas où ils ne se verraient plus...

Planté devant le casier de la demoiselle, le jeune homme hésita longtemps. Comment allait-elle l'interpréter? Et si elle le prenait mal? N'était-ce pas trop direct? Il se décida finalement et accompagna son paquet d'un petit mot  tout simple, sans miévreries, ni fioritures.   Il s'en alla alors, le pas léger mais l'esprit submergé par de nouvelles interrogations. Etait-ce donc cela, le premier pas? Qu'est-ce qui avait  bien pu autant l'enhardir? Est-ce que cela signifiait qu'il avait enfin rencontré la bonne personne?

Le lendemain était le dernier jour scolaire. Les étudiants rendaient leur chambres et quittaient la résidence. Dans la rue, c'était un ballet incessant de voitures, toutes chargées comme il est possible de charger une voiture d'étudiant (et croyez moi, on est loin d'imaginer tout ce que peut contenir une Super cinq ou une 205 junior)...

Notre jeune homme n'avait pas bien dormi la veille et n'avait pas du tout la tête à déménager. Il consulta son mail. Elle lui avait répondu. Elle le remerciait pour son cadeau, lui indiquait sa surprise et son étonnement, mais expliquait qu'elle ne pouvait malheureusement pas le garder  et qu'elle le lui retournait via casier interposé... La tournure de la réponse était simple, délicate et les mots avaient été soigneusement choisis pour blesser le moins possible, ce qui les rendaient encore plus douloureux...

Le monde s'effondra sous les pieds du jeune homme mais il n'eut pas vraiment le temps de se morfondre sur son triste sort: en effet, le surlendemain, il s'envolait pour San Francisco, laissant tout derrière lui...

Là bas, il passa 6 mois mémorables...  Toutefois, il ne pouvait s'empêcher de penser souvent  à elle, imaginant ce qu'elle devenait, se demandant s'il allait la revoir.  Au lieu de plafonniser, il regardait les nuages pendant de longues heures. Quotidiennement, il voyait son prénom partout: dans la rue, gravé sur les arbres, dans les génériques de film... Tous le matins, en se réveillant, c'était à elle qu'il pensait en premier.

Il lui réexpédia le cadeau, la priant de le garder, car de toutes façons, il n'en ferait rien... 

Deux années passèrent. L'étudiant d'hier était rentré dans la vie active. Au cours d'une soirée organisée par des amis communs, ils se recroisèrent... Un peu gênés, ils s'échangérent des sourires mais s'évitèrent...

Une année plus tard, toujours par des amis communs le jeune homme apprit que celle qui jusque là occupait encore ses pensées attendait une petite fille.  A sa naissance, il lui envoya une peluche. Ce fut leur dernier échange.

Cinq années s'étaient écoulées depuis la première rencontre. Mais cicatriser, cela prend du temps et deux autres années passèrent encore avant que notre jeune homme ne rencontre une autre personne lui donnant envie d'effectuer à nouveau le premier pas...

 

[ La suite, toujours demain...]

 

 

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